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La joie de manger des marshmallows.

Le test du marshmallow se fissure

2 min

On peut se casser les dents sur un marshmallow... ou, plus exactement, sur le test du marshmallow. Oui car il y a du nouveau à ce sujet.

La joie de manger des marshmallows.
La joie de manger des marshmallows. Crédits : CSA Images - Getty

Le test du marshmallow est probablement le test le plus célèbre en psychologie sociale : imaginé en 1972, il est censé mesurer la résistance à la frustration d’un enfant. Comment fait-on ? Eh bien, on le met en compagnie d’un marshmallow, et on lui propose le marché suivant : s’il attend suffisamment longtemps il aura bientôt deux marshmallows. 

Ce test a donné lieu à une immense littérature. Il est simple à réaliser, il faut au moins un enfant et un marshmallow — voire deux marshmallows si vous tenez vos promesses — ce test est également simple à comprendre et il n’est pas dénué d’arrière fond moral. Car, l’idée sous-jacente est la suivante : c’est bien d’accepter d’être frustré, ceux qui réussissent sont ceux qui sont capables de se retenir, qui peuvent épargner. Bref, on retrouve l’idée très largement répandue que les fourmis sont supérieures aux cigales, que les propriétaires sont des gens plus astucieux que les locataires et surtout qu’il est moralement préférable de disposer d’une nation de propriétaires. 

Cet arrière-plan est si prégnant que ce test a même été interprété comme disposant d’une valeur prédictive sur la réussite des enfants. Ceux qui ne mangent pas les marshmallows sont ceux qui vont réussir dans la vie, parce qu’ils sont dans la tempérance et pas dans la gloutonnerie à courte vue. 

Or, depuis quelques années, le marshmallow se fissure. Ce qui pose problème, bien sûr, c’est l’interprétation du test. Pourquoi un enfant se retient-il de manger son marshmallow ? Les raisons les plus diverses peuvent être évoquées — parce qu’il n’a pas faim, parce qu’il a mal au cœur, parce qu’il y a un conditionnement génétique, le rôle de l’hippocampe — bref tout a été admis et discuté parce qu’il il n’est pas évident, finalement, de dire que parce qu’un enfant se retient ou pas de manger un marshmallow il finira sous les ponts ou, au contraire, deviendra milliardaire. 

Or, nous apprend le magazine The Atlantic, il se pourrait que la réalité soit à la fois plus triste et plus simple : les enfants qui se retiennent de manger le marshmallow sont les enfants de riches, parce qu’ils sont habitués à vivre entourés de marshmallow. Certes les enfants de riches réussissent mieux que les enfants de pauvres, c’est ce que l’on appelle l’inégalité des chances et il n’y a pas vraiment besoin de marshmallow pour le démontrer. Comme quoi, la meilleure façon de dissimuler du social c’est parfois de l’emballer dans de la guimauve.  

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