LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
L'avion pour aller nulle part, un voyage vers l'absurde ?

Voyager nulle part, le nouveau départ vers l'absurde ?

2 min

Ca vous dirait d’aller nulle part aujourd’hui ? Aller nulle part, certes mais en avion.

L'avion pour aller nulle part, un voyage vers l'absurde ?
L'avion pour aller nulle part, un voyage vers l'absurde ? Crédits : Artur Debat - Getty

C’est désormais une possibilité qui nous est offerte – revenir à notre point de départ – à priori rien de nouveau depuis "Le voyage autour de ma chambre" du regretté Xavier de Maistre. Aller nulle part, depuis le confinement, on connaît, sauf que là il s’agit d’aller nulle part en avion. 

Une possibilité qui vous est offerte, comme je l’ai lu dans le Monde, grâce au vol QF787 proposé par Qantas, pour la modique somme de 500 à 2300 euros, 134 passagers ont pu décoller de Sydney et atterrir quelques heures plus tard à … Sydney. Un voyage pour nulle part, quel meilleur raccourci vers notre situation actuelle ? Il y avait le jour de la marmotte, ce film où Bill Murray revivait chaque jour la même situation, voici le voyage pour nulle part, où il s’agit de revenir à son point de départ.

Ou pour le dire de manière plus teutonne, les voyages en avion sont devenus, à la faveur du nouveau monde, des Holzwege, autrement dit des chemins qui ne mènent nulle part. Alors bien sûr, vous pouvez trouver cela désastreux sur le plan écologique, et vous aurez raison. Les voyages en avion sont déjà largement critiqués pour leur empreinte carbone, mais les voyages qui de surcroît vous transportent du point A au point A, conjuguent à la fois l’absurde et le désastreux. Mais là aussi, n’est-ce pas la meilleure façon de se représenter notre monde, capable de gaspiller les ressources dans une sorte de mouvement brownien, où l’on revient au point de départ, non sans avoir dilapidé des tonnes de kérosène, jeter de l’argent, et la planète par le hublot ?

Et ce d’autant que les passages de ces vols vers l’absurde, expliquent tous, à en croire Le Monde, que ce qui les meut, enfin ce qui les a mus en avion, c’est la nostalgie des voyages dans le monde d’avant, le temps où l’on voyageait sans masque, mais aussi ajoutaient-ils, la possibilité d’aider les secteurs les plus touchés par la crise économique. Là aussi, l’explication confine au sublime. Depuis longtemps on sait que l’essence brûlée dans les embouteillages participe à l’augmentation du PNB, mais là, on en a la preuve la plus absolue. Revenir à ce point de départ peut aider la croissance à repartir. Voilà peut-être la morale du monde d’après, faire du surplace mais plus vite, c’est désormais la seule façon d’avancer.

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......