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Alain Finkielkraut

Un collectif de petits censeurs à Sciences Po Paris contre Alain Finkielkraut

2 min

Hier, un groupe d’étudiants de Sciences Po Paris a tenté d’empêcher Alain Finkielkraut de donner une conférence.

Alain Finkielkraut
Alain Finkielkraut Crédits : Eric FEFERBERG - AFP

Oui, c’est une réalité, un collectif jusqu’ici inconnu appelé "Sciences Po en lutte — Institut Clément Méric", collectif auto proclamé antiraciste, a tenté donc d’empêcher Alain Finkielkraut de parler au motif qu’il serait profondément réactionnaire… 

On se demande évidemment de quel droit ces individus décident de priver quelqu’un de la parole, une manière de faire qui est au fond très éloignée de notre modernité. Car ce qui domine de plus en plus sur les réseaux sociaux, c’est une forme d’œcuménisme idéologique. Toutes les pensées, toutes, absolument toutes, ont droit de cité, voilà l’une des conséquences de la disparition des « gatekeepers », un terme anglais, littéralement les gardiens de la porte, autrement dit ces personnes qui décidaient, dans les médias par exemple, ou à l’université, qui avait droit à la parole… 

Les paradoxes de la censure

Avec internet, il n’y a plus de « gatekeeper », un prix Nobel et un ignorant ont strictement le même droit à la parole…mais dans ce contexte-là, toute forme de régulation de la parole, je ne parle même pas de censure, sont tenus comme inacceptables : le principe fondateur est de laisser chacun se faire une opinion, considérant donc, encore une fois, que personne n’a le droit de s’ériger en censeur pour déterminer ce que j’ai le droit d’entendre et ce que je n’ai pas le droit de savoir… 

Dans ces conditions, l’intervention de ce collectif de petits censeurs n’est pas seulement intempestive, elle témoigne finalement d’une grande condescendance. Elle revient à dire que le public a des facultés de raisonnement si faibles qu’il n’est pas capable de se faire une opinion : ce public exposé à la pensée d’Alain Finkielkraut ou de qui que ce soit d’autre se rangerait mécaniquement aux arguments de l’orateur. Ou bien ou bien, la pensée d’Alain Finkielkraut posséderait une force telle qu’elle contaminerait nécessairement toute personne qui y est exposée. 

Et c’est cela le paradoxe de la censure : penser que l’on est si peu capable de convaincre, qu’il faut interdire les arguments contraires aux siens, interdire parce que l’on se sait si peu convaincant…

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