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Masque FPP.

Véritable épidémie dans les rues

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Oui, comme vous l’avez constaté, une épidémie sans précédent, une épidémie de masques de protection, c’est la star de la collection croisière 2020, la croisière en quarantaine, la croisière ne s’amuse pas du tout, Venise double masque…

Masque FPP.
Masque FPP. Crédits : Rapeepong Puttakumwong - Getty

Alors, reste un problème, où acheter son masque ? Dior n’en propose pas, dès lors vous ne trouverez chez Zara aucune copie… Si vous allez chez votre pharmacien, enfin si nous avons le même pharmacien, pas la peine de demander un masque, rupture de stock, et le pauvre homme est quasiment en burn-out à force de dire à un client sur deux qu’il n’a plus de masque, les mauvaises langues diront qu’il est aussi en dépression à la vue des ventes de masques qu’il rate… La vraie question est : d’où vient cette épidémie de masque ? 

Biologiquement, on voit évidemment d’où elle vient, je n’ai pas besoin de vous faire de dessin, mais, sociologiquement, d’où vient cette multiplication des masques ? L’origine de cette diffusion, avant de d’un virus, c’est une règle sociologique bien connue, la « selfullfilling prophecy », la prophétie auto-réalisatrice chère à un sociologue bien oublié, Robert Merton, selon lequel lorsqu’une chose est perçue comme réelle, elle devient réelle dans ses conséquences. 

Mais qu’est ce qui est perçu comme réel ? La maladie évidemment, et le masque comme moyen de s’en prémunir, et conséquence de tout cela, la pénurie de masques. Illustration de cette ruée vers les masques : les recherches sur internet relatives aux masques FPP, censés protéger adéquatement. Les recherches sur internet de ces masques qui étaient en moyenne à zéro depuis des lustres sont passées à un indice 54 le 26 janvier dernier, avant d’attendre le pic épidémique actuel, enfin en tout cas pour le moment à 100. Cette épidémie de masques a évidemment des conséquences sur les prix de ces masques, sur Amazon il suffit de taper masque antivirus pour tomber sur une variété de machin qui vont du masque de chirurgien au masque de 14-18, le tout vendu aux prix les plus fantaisistes, de quelques euros à des centaines d’euros. 

Difficile pour le moment de connaître les victimes collatérales de cette épidémie de masque, je songe par exemple aux vendeurs de rouge à lèvres, mais je me dis, d’ores et déjà que le monde au temps du coronavirus restera quoi qu’il arrive comme une époque de  mascarade.

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