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Elisa Pilarski et son chien Curtis.

Curtis est-il coupable ?

2 min

Oui, Curtis est-il un meurtrier ? C’est la question que beaucoup de gens se posent aujourd’hui.

Elisa Pilarski et son chien Curtis.
Elisa Pilarski et son chien Curtis. Crédits : © FACEBOOK / Elisa Pilarski

Et si vous vous ne la posez pas, c’est peut-être parce que vous êtes comme France Culture, vous vous intéressez peu aux faits divers. Mais ceux que les crimes fascinent se passionnent depuis quelques jours pour la culpabilité ou l’innocence de Curtis. « Curtis ferait un coupable idéal » a titré L’Union de Reims hier. « Je me suis dit que Curtis allait me tuer » explique un témoin dans Le Parisien d’il y a deux jours. 

Soutiens et détracteurs de Curtis s’organisent. Une cagnotte destinée à sa défense a recueilli un peu moins de 7000 Euros, mais cette somme récoltée a été, semble-t-il, dérobée par une personne indélicate, si l’on en croit Le Courrier Picard. Alors qui va payer les frais d’avocat de Curtis ? Si vous pensez que Curtis pourrait payer ses avocats, c’est que vous ignorez que Curtis est un chien. 

Tout a débuté avec le décès d’une femme, en forêt. Cette femme aurait été tuée par une meute de chiens, participant à une chasse à courre, je dis « aurait » parce que l’autre hypothèse, c’est qu’elle aurait été tuée par son propre chien, Curtis, lequel se révélerait depuis agressif. Et les journaux de s’interroger sur l’agressivité du chien. Est-elle liée à sa personnalité, à la mort de sa maîtresse, ou bien encore aux conditions de la mort de sa maîtresse, ce chien est-il en stress post traumatique ? La question de la personnalité du chien devient centrale, elle est discutée dans la presse comme s’il s’agissait d’une vraie personne. La cagnotte était d’ailleurs destinée à deux avocats, ces avocats devant défendre Curtis et permettre de l’orienter dans une structure spécialisée. Dans la presse, tout se passe comme si Curtis aujourd’hui avait éclipsé la défunte, le chien devenant le sujet de l’histoire, et non plus son objet. 

Cette histoire vous paraîtra post-moderne, ou pré-moderne. Traiter un chien comme une personne, voilà qui est au choix, ou bien nouveau, ou bien ancien, comme Jean Duret, avocat du roi, qui écrivait en 1673 : « Si les bestes ne blessent pas seulement, mais tuent ou mangent, il est possible de les condamner, à estre pendues et estranglées pour faire perdre mémoire de l'énormité du faict. ». 

Aujourd’hui encore, à nouveau, si les bêtes peuvent être victimes, elles peuvent également être coupables.

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