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Couverture de Dracula et autres écrits vampiriques, Collection Bibliothèque de la Pléiade

Zombies et vampires : le vrai clivage

2 min

Le véritable clivage n’est pas entre progressistes et populistes… Le clivage n’est plus entre la droite et la gauche non plus, ni même entre viandards et vegans, le vrai clivage est entre zombies et vampires, les zombies qui dévorent votre chair contre les vampires qui sucent votre sang…

Couverture de Dracula et autres écrits vampiriques, Collection Bibliothèque de la Pléiade
Couverture de Dracula et autres écrits vampiriques, Collection Bibliothèque de la Pléiade Crédits : Gallimard

Car tandis qu’à Cannes on contemplait des films de Zombies, je crois qu’on en a suffisamment parlé, la Pléiade qui est à la littérature ce que la Croisette est à la chirurgie esthétique — je vais vous laisser un instant pour digérer cette comparaison — bref, tandis que l’on montrait des zombies à Cannes, la Pléiade publiait un volume consacré aux vampires, Dracula et autres récits vampiriques. 

Alors j’’espère que vous n’êtes pas seul dans votre lit, et que vous n’allez pas prendre votre douche, rapport à la terrible scène de la douche dans le bal des vampires de Polanski, car les vampires sont là, les vampires sont en réalité infiniment plus présents autour de nous que les zombies. Je sais bien que l’on veut faire des zombies les symboles de la société de consommation, les zombies consommateurs, un vrai bon symbole pour mal comprenant, alors même que la réalité ultime de notre époque est résumée par le vampire.

Le capitalisme, s’il faut vraiment parler de lui, est un vampire, puisque comme le disait Marx, « le capital est du travail mort qui ne s’anime qu’en suçant tel un vampire du travail vivant, et qui est d’autant  plus vivant qu’il en suce davantage ». 

Et ce florilège de textes publiés dans la Pléiade nous rappelle à quel point nous sommes entourés de vampires, à la manière de Christabel, sublime poème inachevé de Samuel Taylor Coleridge, où il est question du face à face entre la très belle Christabel promise à son fiancé et une femme terrible et mystérieuse, pour tout dire un peu vampire, la dénommée Géraldine. Christabel en témoigne, le vampire est mille fois plus intéressant, complexe et raffiné que le zombie, le zombie mâche à l’ombre, le vampire lui aussi photophobe incarne notre part d’ombre, tout à la fois craintif et menaçant, vulgaire et raffiné, romantique et destructeur, saphique et homo-érotique. 

Tout est fluide chez le vampire et c’est pour cela qu’il est moderne, fluide comme ce sang qu’il adule, fluide comme gender fluide, cette capacité à effectuer de nombreux allers-retours entre le masculin et le féminin. Contrairement au zombie, le vampire nous comprend à sang pour sang. 

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