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Johnny Hallyday, à Los Angeles, California en octobre 2013.

Et si le monde n’avait aucun sens ?

2 min

Et si le monde n’avait aucun sens, et si Johnny n’avait pas d’héritage ?

Johnny Hallyday, à Los Angeles, California en octobre 2013.
Johnny Hallyday, à Los Angeles, California en octobre 2013. Crédits : Photo de JB Lacroix/WireImage - Getty

Je dis cela parce que j’ai lu quelque part que Johnny, d’après les derniers décomptes devait à peu près 30 millions d’euros au fisc tandis que son patrimoine s’élevait peu ou prou à 30 millions, ce qui veut dire que l’héritage de Johnny s’élève, si mes calculs sont bons, à environ 30 moins 30, c’est-à-dire a peu près à zéro. 

Et alors on est pris de vertige, il se pourrait fort bien que l’on ait fait tout ça pour rien, tout ça c’est-à-dire ces milliers de couvertures sur l’héritage de Johnny, ces centaines d’heures de direct dédiés aux disputes familiales chez les Johnny. Lors de la première audience où il s’agissait de savoir qui des Hallyday devait hériter de Johnny, on avait enregistré un record de journalistes : jamais aucun tribunal en France n’avait accueilli autant de micros et de caméras que ce jour. Alors bien sûr je pourrais et ça serait facile, dire que l’on n’en a pas fait autant pour le Rwanda, je pourrais aussi rappeler que les couvertures sur l’héritage de Johnny se sont toujours très très très bien vendues, hélas, faute de quoi nous serions passés à autre chose. 

Oui, mais voilà, il n’y a peut-être pas d’héritage de Johnny, un peu comme si Dupont De Ligonnès n’avait jamais tué personne, et encore moins été arrêté parce qu’il n’existait pas, un peu comme si l’on n’avait jamais parlé du Brexit parce que la proposition n’avait jamais été votée, jamais au grand jamais l’Angleterre n’avait voulu quitter l’Union Européenne, un peu comme si Éric Zemmour développait une pensée sociale-démocrate, une synthèse exigeante, et inattendue, de Raymond Aron et d’Alfred Sauvy. 

Il n’y a pas plus d’héritage de Johnny que de controverse eucharistique, celle qui fit au XIIIème siècle dépenser tant d’encre et de salive, et aussi un peu de sang, pour savoir si le Christ était réellement présent dans l’hostie ou s’il l’était en symbole. Johnny en réalité était pauvre comme Saint François de Sales, il lègue la moitié de son Perfecto à sa femme, et l’autre moitié à ses enfants, le rock’n’roll est vivant, son patrimoine est mort.

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