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Le Premier ministre Edouard Philippe en visite à l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) le 18 Mai 2018 à Strasbourg.

62 % des français tiennent à l’ENA

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Et si tous nos maux provenaient de l’ENA ?

Le Premier ministre Edouard Philippe en visite à l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) le 18 Mai 2018 à Strasbourg.
Le Premier ministre Edouard Philippe en visite à l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) le 18 Mai 2018 à Strasbourg. Crédits : FREDERICK FLORIN - AFP

Dans ce cas-là, ce serait super pratique : il suffirait de supprimer l’ENA… Alors, supprimer l’ENA — comment, jusqu’où ? — cela on ne le sait pas trop encore, dans ces annonces pas annoncées d’Emmanuel Macron, une suppression pure et simple semble quand même inenvisageable. Alors, s’agit-il de recréer une école d’administration plus vaste, de laisser les grands corps recruter,… ? Bref on n’en sait rien. 

Mais ce que l’on sait, à en croire en tout cas Le Figaro du jour, c’est que 62 % des français ne veulent pas de la suppression de l’ENA, 62 % des français considèrent que la suppression de l’ENA ne correspond pas aux attentes suscitées par le Grand Débat. Ajoutons qu’1 % des français sont sans opinion sur la suppression de l’ENA, en tout cas ils ne se prononcent pas. S’agit-il d’énarques, de fils ou de filles d’énarques, eux-mêmes énarques, puisque c’est un système qui se reproduit ? Il se pourrait aussi que la critique de l’ENA — critique de l’ENA qui a débuté semble-t-il avec un livre, sous pseudonyme, écrit par Jean Pierre Chevènement — soit finalement une figure de style chez les politiques : la critique de l’ENA serait donc un sujet de préoccupation pour anciens élèves de l’ENA, ce qui est finalement plutôt logique, puisque les premiers critiques des jésuites sont les anciens élèves des jésuites. 

Avouez quand même qu’il y a quelque chose d’étrange dans cette volonté d’un système façonné par l’ENA, de considérer que ce à quoi aspire le peuple, c’est de supprimer l’ENA : un peu comme si les papes en finissaient avec le Vatican, Maïmonide voulait interdire les yeshivah, ou bien encore si le journal Voici militait pour supprimer Saint-Tropez…

Des politiques qui décident de supprimer l’ENA, c’est le passage soudain de l’arrogance à la haine de soi, et ce passage trop brutal ne convainc personne. Il cache quelque chose, un « après moi le déluge », une volonté de laisser les générations futures se débrouiller seules, comme si vous étiez si fiers du moule qui vous a fabriqué que vous décidiez de le casser pour le rendre à jamais unique. 

62 % des français tiennent à l’ENA, un chiffre à méditer, l’une des preuves supplémentaire des ambivalences française : la France ; ce pays qui veut un roi pour lui couper la tête, et conserver des énarques pour pouvoir leur taper dessus.

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