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Difficile de s'y retrouver dans la multitude des formules de politesse...

Le guide de la correspondance / L'humeur d'Hervé Gardette

1 min

Il y avait chez mes parents un guide de la correspondance, rempli de formules toutes faites à inscrire au bas des lettres selon les circonstances.

Difficile de s'y retrouver dans la multitude des formules de politesse...
Difficile de s'y retrouver dans la multitude des formules de politesse... Crédits : SEAN GLADWELL - Getty

"Veuillez agréer l’expression de mes sentiments distingués" avait ma préférence, j’ai n’ai jamais rien agréé d’autre de ma vie. Ce monde de la phrase conclusive ampoulée a disparu avec la submersion du mail et du texto. Et j’étais bien le dernier à m’en plaindre, lui préférant largement la sobriété conviviale d’un "bonne journée", voire d’un "bien à vous", encore plus passe-partout. 

Mais chassez le souci de distinction, il revient au galop : on se perd à nouveau dans la panoplie des formules de politesse. Le "cordialement" ne suffit plus à exprimer votre cordialité. Il passe même pour un peu mesquin depuis qu’a été inventé le "bien cordialement", lequel subira le même sort lorsqu’apparaitra –ce n’est qu’une question de temps- le "très cordialement" (à moins qu’il existe déjà). 

Idem pour le conclusif "bonne journée". Si vous l’adoptez en guise de signature, cela signifie qu’en fait, vous ne voulez pas du bien à la personne à qui vous écrivez. Car dans le cas contraire, vous auriez conclu par un "belle journée", voire par le dégoulinant "très belle journée". Et que dire du "délicieuse journée" que j’ai découvert il y a peu au bas d’un mail. Sincèrement, qui a envie de passer une "délicieuse journée" ? 

Dans un genre plus amical, j’ai encore du mal à saisir la différence d’usage entre "bises" et "bisous". Dans quel cas se servir du premier ? Peut-on écrire à un ministre en utilisant le second ? Faut-il nécessairement ajouter un point d’exclamation ou un smiley pour que l’autre n’aille pas se faire des idées ? 

Des personnes que je ne connais pas, dont je n’ai jamais entendu parler, me transmettent leurs "amitiés". Qui sont ces gens ? Il n’y a guère que mes amis qui ne me les transmettent jamais. 

Je propose de légiférer sur le sujet, et d’imposer un même "salut" républicain pour tout le monde. 

Dans cette attente, je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

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