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Le parmesan, enjeu patriotique.

La guerre européenne du parmesan

2 min

L’Europe on n’y est pas… Non, mais alors pas du tout, je sais bien que l’on parle de paix européenne pour évoquer ces années de paix depuis 1945, années de paix apportées par la construction de l’UE, mais voilà la guerre recommence comme cela un vendredi matin sans crier gare.

Le parmesan, enjeu patriotique.
Le parmesan, enjeu patriotique. Crédits : Miguel MEDINA - AFP

Et ô malheur, à quelques heures du début du scrutin européen en France... Cette guerre vous le savez peut-être est la guerre du parmesan, elle est largement détaillée dans Les échos : le premier exportateur de parmesan, alias Nuova Castelli, est sur le point d’être racheté par un français, Lactalis pour ne pas le nommer. Du coup les italiens protestent, peut-être parce qu’ils redoutent que le sort réservé au parmesan italien soit celui de la feta, vous savez la feta Salakis, personne n’a envie de devenir de la feta Salakis, un machin blanc en polystyrène baignant dans de l’eau salée. Le parmesan Lactalis c’est un peu comme le saucisson Ferrero Rocher : c’est quelque chose qui écœure déjà les italiens, et leur fait peur, peut-être aussi parce qu’ils appréhendent que les producteurs laitiers italiens connaissent le même sort que leurs homologues français, lesquels sont écrémés depuis des années par Lactalis. 

Mais il y a aussi du patriotisme culinaire dans la réaction italienne, réaction tout de même amusante lorsque l’on sait que Nuova Castelli est détenu depuis 2014 par Chartehouse, un fond d’investissement aussi soucieux de gastronomie que Volkswagen l’est de qualité de l’air. Du coup, le ministre de l’agriculture italien lequel appartient à un gouvernement qui s’est fait élire sur une plateforme de reconquête du ravioli, explique qu’il faudra le râper tout cru pour qu’il accepte cette vente, déclaration purement verbale : il est à peu près aussi impuissant à empêcher cette vente qu’à arrêter la cuisson des Barilla avec le pouvoir de son esprit. 

Bien évidemment, tout ceci a l’heure où l’on parle de l’Europe unie, ça la fiche un peu mal, il faudrait juste que nous, les français, ne nous vexions pas trop à l’idée que les italiens préfèrent laisser le parmesan aux anglais plutôt que de nous le vendre. A croire qu’ils redoutent la panzanification du parmesan, lequel deviendrait à l’avenir l’équivalent fromager de ce que sont pour nous, gaulois, les nouilles trop cuites. 

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