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Emmanuel Macron présentant les mesures présidentielles lors de la conférence de presse à l'Elysée le 25/04/2019

Remettre l’humain au cœur du projet

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Faut-il remettre l’humain au cœur du projet ?

Emmanuel Macron présentant les mesures présidentielles lors de la conférence de presse à l'Elysée le 25/04/2019
Emmanuel Macron présentant les mesures présidentielles lors de la conférence de presse à l'Elysée le 25/04/2019 Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

Evidemment oui, c’est ce qu’a indiqué Emmanuel Macron, il veut remettre l’humain au cœur du projet, il l’a dit hier soir. Une convergence inattendue avec la tête de liste du Parti Communiste Français, Ian Brossat, qui s’affiche en ville avec un slogan voisin « L’humain d’abord ». Cette convergence des luttes entre le PCF et LREM ne doit pas nous leurrer : tout homme politique, hier, aujourd’hui ou demain, proposera remettre l’humain au cœur de son projet. 

C’est à priori une bonne nouvelle, mais aussi une nouvelle singulière. Car que serait un projet qui ne mettrait pas l’humain au cœur ? Alors s’agit-il par exemple d’une lutte des humanistes contre les humanoïdes ? Bernanos, dans un livre que je cite finalement assez souvent, plaçait sa France contre les robots, mais c’était avant tout métaphorique. Depuis cette parution, les robots ont-ils gagné du terrain ? 

Il est vrai que l’on pourrait imaginer un parti des voitures, moi je voterai facilement pour la DS — 50 ans d’avance sur le reste de la production automobile —, mais il pourrait y avoir un parti Apple, Xiaomi ou Huawei — soupçonné de collusion avec l’étranger. A moins, à moins, et cette hypothèse est finalement moins onirique, que nos politiques se résignent à parler de l’homme quand il n’ont plus rien à dire : c’est la phrase du pauvre Jean Bodin, auteur oublié parmi les humanistes de la Renaissance, « Il n’est de richesses que d’hommes », c’est à peu près la phrase la plus usée de la galaxie, et la plus fausse aussi, puisqu’après tout on peut vendre sa mobylette mais pas son copain, preuve qu’il n’y a pas de richesses que d’hommes. 

Remettre l’humain au cœur du projet, voilà une proposition encore plus consensuelle que la guerre à la guerre, puisque, jusqu’ici, les non humains sont assez discrets en matière de politique. Et, dans sa grande période de « et en même temps », Emmanuel Macron n’est pas allé jusqu’à proposer une politique favorable à l’humain et à la mécanique — le rire selon Bergson était de la mécanique plaquée sur du vivant, peut-être pourrait-il naître aussi de la politique plaquée sur de l’humain ?

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