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Le président Jacques Chirac (C) prend un bain de foule dans le gymnase du centre de secours de Tulle, le 15 janvier 2005, lors de la cérémonie de présentation des voeux aux Corréziens.

Chacun a son Jacques Chirac…

2 min

Et mon Jacques Chirac personnel met en scène pépère Fernand, mon grand oncle, corrézien comme Chirac, et même d’ailleurs plus que Chirac puisque notre regretté président n’était pas complètement né en Corrèze mais bon passons…

Le président Jacques Chirac (C) prend un bain de foule dans le gymnase du centre de secours de Tulle, le 15 janvier 2005, lors de la cérémonie de présentation des voeux aux Corréziens.
Le président Jacques Chirac (C) prend un bain de foule dans le gymnase du centre de secours de Tulle, le 15 janvier 2005, lors de la cérémonie de présentation des voeux aux Corréziens. Crédits : PATRICK KOVARIK - AFP

Donc mon grand oncle pépère Fernand, plutôt communiste comme le reste de la famille, ancien maquisard, a buté un jour dans Chirac lors d’un comice agricole, du côté d’Égletons, bastion des Fernand depuis des générations. Et mon pépère Fernand d’expliquer au Chirac comment ils avaient un ami commun, lequel avait fait de la résistance avec le JeanJean, puis repris la ferme du Claude, la seconde maison à droite quand on vient de Darney, non pas celle avec l’échauguette mais celle dans le tournant. Et Chirac d’écouter attentivement tout cela, j’imagine qu’à la fin de la journée ça devait lui en toucher une, enfin vous voyez, Chirac d’écouter tout cela sans évidemment être capable un instant de situer le JeanJean, le Fernand, le Claude, et peut-être même sans le vouloir, le Chirac eut cette phrase absolument magnifique «  mais bien sur je vois, rappelle-moi ton prénom ». 

Je dois vous dire que ce « rappelle-moi ton prénom » demeura gravé dans la mémoire de pépère Fernand jusqu’à son dernier souffle, quatre mots magiques, qui firent un heureux à jamais, et surtout qui convertirent un tonton communiste depuis toujours en chiraquo-compatible, sur le thème « nous n’avons pas les mêmes idées, mais enfin c’est quelqu’un de bien, et puis d’ailleurs il parait qu’il avait vendu L’humanité quand il était jeune ». 

Une preuve de plus qu’un homme politique se jauge sur la manière dont il dit bonjour, la poignée de main, que Chirac avait ferme paraît-il, la légende veut qu’il serrait tellement de mains en une journée qu’il lui fallait refroidir sa mimine dans un bac à glaçons le soir, glaçons qu’il destinait aussi à d’autres usages. Mais dans le  « bonjour » compte aussi le regard et les mots : jamais Edouard Balladur n’aurait pu dire « rappelle-moi ton prénom », quant à François Mitterrand il avait paraît-il répondu à un militant socialiste qui lui proposait de le tutoyer, « si vous voulez », le tutoiement « si vous voulez »de Mitterrand tranchait avec le « rappelle-moi ton prénom » chiraquien. Et Chirac demeurera peut-être le dernier politique à avoir tutoyé ses électeurs par leur prénom. 

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