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Le Maréchal Philippe Petain, chef du gouvernement de Vichy, serrant la main d'Adolf Hitler à Montoire-sur-le-Loir, le 24 octobre 1940.

Pire qu’un hommage à Pétain : être courtisan et défendre celui qui défend Pétain

2 min

Il y a pire que le fait de rendre hommage au maréchal Pétain…

Le Maréchal Philippe Petain, chef du gouvernement de Vichy, serrant la main d'Adolf Hitler à Montoire-sur-le-Loir, le 24 octobre 1940.
Le Maréchal Philippe Petain, chef du gouvernement de Vichy, serrant la main d'Adolf Hitler à Montoire-sur-le-Loir, le 24 octobre 1940. Crédits : INP - AFP

Oui, il y a pire qu’un hommage à Pétain, il y a le fait de rendre hommage à l’hommage à Pétain, autrement dit le fait de défendre l’hommage adressé à un homme qui a laissé tant d’orphelins en France, orphelins d’ailleurs je m’égare, puisqu’à Vichy on disait alors  « n’oubliez pas les enfants ». 

Alors, pourquoi défendre cet hommage ? Eh bien, parce que l’on est un courtisan, en racontant à peu près n’importe quoi, et, par exemple, que le Général de Gaulle rendait hommage au vainqueur de Verdun, alors de Gaulle, qui connaissait bien Pétain, ne lui cédait rien. On prêtait, par exemple, à de Gaulle cette phrase sur Pétain : « travail famille patrie, drôle de devise pour Pétain, lui qui n’a jamais travaillé, pas eu de famille et vendu la patrie ». 

Défendre celui qui défend Pétain, dur métier, mais heureusement les courtisans sont là, pour eux rien d’impossible Défendre Pétain, pour eux, c’est un peu comme lire la lettre de Guy Mocquet à l’envers. 

Vous vous souvenez de la lettre de Guy Mocquet ? Nicolas Sarkozy alors président de la République avait décidé en 2007 qu’il fallait lire la lettre de ce résistant fusillé par les allemands et alors tous les sarkozistes se mirent à lire et relire ce message déchirant un peu partout, jusqu’à Bernard Laporte qui alla jusqu’à lire la lettre de Guy Mocquet  dans les vestiaires d’un stade de rugby. Bernard Laporte demandant à ses joueurs de lire Guy Mocquet, ce n’était pas, contrairement à ce que l’on a pu lire, un hommage du vice à la vertu. C’était l’improbable rencontre de la veulerie du courtisan et du courage du résistant. 

Alors aujourd’hui nous allons subir quantité de discours pseudo historiques pour justifier ce qui est au mieux une erreur, au pire, au pire, eh bien je ne sais pas, vous en jugerez vous-même. Au mieux une erreur parce que le rôle d’un républicain ne peut pas être de rendre hommage à l’assassin de la République, quels que soient ses actes antérieurs. 

Le travail de mémoire n’est pas le travail d’histoire. Aux politiques de rendre hommage aux héros de la République, Pétain n’en fait pas partie, aux historiens de restituer le passé dans toute sa complexité. 

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