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Pascal Pavageau - Conférence de presse au siège de F.O. - 1er Mai 2018

C'est bête d'être intelligent

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Il faut en finir avec l’intelligence

Pascal Pavageau - Conférence de presse au siège de F.O. - 1er Mai 2018
Pascal Pavageau - Conférence de presse au siège de F.O. - 1er Mai 2018 Crédits : GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP

Il faut en finir avec l’intelligence

Oui, cela fait longtemps que l’intelligence, on n’en veut plus, mais c’est officiel depuis hier. Depuis cet article publié dans Le Canard enchaîné, où l’on apprend l’existence d’un fichier du personnel au sein du syndicat FO, fichier insultant, homophobe, bon jusque-l, rien de nouveau, mais où l’on découvre cette mention : « trop intelligent pour entrer au Bureau Confédéral ». Trop intelligent pour réussir, comprenez s’il avait été crétin on l’aurait promu. 

Cette vérité est écrite, ça l’est à Force Ouvrière, mais évidemment cette haine de l’intelligence est partagée par toutes les organisations qui luttent chaque matin, et de manière parfois admirable, pour organiser le règne de la bêtise collective, mais ne le disait pas jusqu’à présent. 

Au sein d’une entreprise l’intelligence est un fléau, tout l’art du management consiste à détecter les hauts potentiels, Hannah Arendt et autres Einstein en puissance pour les empêcher de nuire, les mettre à la porte, avec leurs idées, leur velléités d’innovation, leur créativité. 

La glose autour du management explique que les idoles tutélaires de l’entreprise sont Steve Jobs, Leonard de Vinci et Alan Turing, mais pas du tout, chaque société recherche les Forrest Gump, les Bourvil de demain, les Ubu de demain. 

Pendant très longtemps, un mythe a voulu que les entreprises fonctionnent sur le mode du principe de Peter : chaque individu atteignait un jour son niveau d’incompétence, à force d’être promu, et pourrait ainsi détruire tranquillement de la valeur. Mais pas du tout, le principe de Peter a tout faux, les meilleurs dans les boîtes sont nés incompétents, ils sont crétins dès leur embauche, et c’est pourquoi l’organisation peut les employer comme bon lui semble. Vous pensez que c’est un hasard s’il est écrit dans la Bible « heureux les simples d’esprit » ? 

Lorsque La Boétie analyse les tyrannies, il estime qu’il suffit d’un tyran et de milliers d’obéissants pour créer un enfer – eh bien l’idéal du management c’est ça, un patron qui soit 1, avec plein de zéro derrière. 

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