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Simone Veil, survivante d'Auschwitz, première femme élue à la présidence du Parlement Européen et porteuse de la "loi Veil" dépénalisant l'avortement, lors de son entrée à l'Academie Francaise.

Simone Veil semble être une Marianne parfaite

2 min

A l’évidence, Simone Veil symbolise ce que pourrait être une Marianne.

Simone Veil, survivante d'Auschwitz, première femme élue à la présidence du Parlement Européen et porteuse de la "loi Veil" dépénalisant l'avortement, lors de son entrée à l'Academie Francaise.
Simone Veil, survivante d'Auschwitz, première femme élue à la présidence du Parlement Européen et porteuse de la "loi Veil" dépénalisant l'avortement, lors de son entrée à l'Academie Francaise. Crédits : PHILIPPE WOJAZER / POOL - AFP

Par son combat politique, bien sûr, son engagement pour la cause des femmes, bien sûr, et parce que ce serait un beau symbole que la République prenne le visage d’une femme juive pour en faire son emblème, au moment où le visage de cette femme est barré par la haine. Oui mais voilà, n’est-ce pas justement aussi ce qui pose problème ? 

Choisir Simone Veil comme Marianne aujourd’hui et non pas la semaine dernière, c’est le faire notamment en réaction à ces tags découverts à Paris 13ème, souillant son image. Un geste de haine, un geste microscopique à l’échelle des combats de cette femme. 

Personne ne sait qui a perpétré ce geste, mais sans même le savoir on peut imaginer l’infinie lâcheté qu’il y a s’en prendre à un pochoir sur une boîte aux lettres, une manière finalement plutôt réussie de montrer que l’on sait conjuguer ignominie et médiocrité. Et puis de l’autre côté il y a Simone Veil, et ce qu’elle représente. 

Or justement Simone Veil ne s’est jamais vécu comme une victime, elle a toujours été une combattante, toujours du côté de la vie, jamais de la plainte, comme si elle répétait, au travers des épreuves qu’elle traversa, cette scandaleuse phrase de Freud, « on n’est jamais victime que de soi-même ». Simone Veil, comme sa compagnonne de déportation, Marceline Loridan Ivens, n’ont eu de cesse de montrer qu’elles étaient plus fortes que la mort, plus forte que la mort, alors un tag vous pensez… 

Faire de Simone Veil aujourd’hui la nouvelle Marianne, juste après ce tagage, c’est faire accroire à ce minable petit tagueur qu’il justifie une réaction nationale, que son geste mérite une réponse politique, alors qu’il est tout simplement infra politique : tracer une croix gammée sur une boîte aux lettres, c’est juste une bonne manière de renseigner sur ce que l’on est, c’est une manière de montrer que la haine la plus vive se marie fort bien à une absence absolue de courage. Et à cet égard, c’est une bonne nouvelle pour les démocrates de tout poil, parce que cela signifie que les adorateurs de la croix gammée sont en réalité bien lâches… 

Alors, je vous laisse juges : songeons à l’auteur de ce graffiti, quand on commet un tel geste, qui est le souilleur, qui est le souillé ?

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