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Arthur Finkelstein

Gagner les élections grâce à la haine

2 min

Comment gagner les élections ? C’est évidemment une question qui se pose en Hongrie comme ailleurs, lorsque l’on est un homme politique.

Arthur Finkelstein
Arthur Finkelstein

Eh bien, jadis on pouvait gagner les élections en se faisant aimer, désormais il est préférable de faire haïr, la haine est une force beaucoup plus puissante que l’amour, en stratégie électorale en tout cas. 

Alors, certes la haine comme manière d’unir c’est vieux comme Freud, puisque Freud invoquait la propension des foules à se tenir chaud en haïssant une même personne ou un même groupe de personnes. Mais voilà cette théorie a, semble-t-il, trouvé son application grâce à deux consultants américains, George Birnbaum et Arthur Finkelstein, spécialistes de communication politique, et c’est le site américain de Buzzfeed qui le révèle dans une enquête absolument surprenante. 

Finkelstein est ainsi crédité d’une méthode très efficace pour permettre aux partis — principalement aux partis de droite dure — de l’emporter. Pour lui, chaque élection est jouée avant d’avoir commencé : les gens savent fort bien non pas tant pour qui ils votent mais contre qui ils votent. Et il est beaucoup plus facile selon Finkelstein de démoraliser ses adversaires plutôt que de motiver son camp, de faire des propositions. Cette méthode, il l’a expérimentée pour la première fois avec la campagne et l’élection de Nixon en 1970, choisissant trois sujets clivants : la drogue, le crime et les races. Il faut désigner un danger, un danger venu de la gauche, telle est la recette professée par Finkelstein. 

Chaque campagne suppose un ennemi à abattre, et cet ennemi doit être le plus concret et le plus incarné possible. Il faut marteler aux électeurs qu’ils doivent s’opposer à des démons diaboliques, des démons tellement diaboliques que le plus paresseux des électeurs renoncera sa canne à pêche pour aller voter. L’axiome de Finkelstein est par exemple : « on ne fait pas la guerre contre les nazis, mais contre Hitler, on ne lutte pas contre Al-Qaïda mais contre Ben Laden ». 

C’est exactement ce qu’a fait Birnbaum, disciple de Finkelstein, lorsqu’il a été recruté par Victor Orban en 2008. C’est lui qui a eu l’idée de cibler un financier juif, menant des actions philanthropiques, Georges Soros, de taper sur Soros et ses œuvres, notamment l’université Soros. Taper sur n’importe qui mais taper, tel pourrait être la recette du succès en politique. Tiens et si ça expliquait pourquoi certains hommes politiques, ici même en France, tapent sur les journalistes ? 

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