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Fêtes de San Fermín à Pampelune en Espagne en juillet 2017

Émotion chez les amateurs de ferias

2 min

Il y a encore des gens qui veulent assister à des scènes cruelles avec des taureaux, et ces gens sont prêts à payer, même s’ils le font à contre cœur.

Fêtes de San Fermín à Pampelune en Espagne en juillet 2017
Fêtes de San Fermín à Pampelune en Espagne en juillet 2017 Crédits : Gari Garaialde - Getty

C’est en lisant Les Echos que vous avez trouvé le titre d’article le plus drôle de l’année…

Oui, Les Echos, le quotidien économique. Même si là, il s’agit marginalement d’économie – la voici cette phrase amusante : « Émotion chez les amateurs de ferias »… Je fais durer le suspense.

Pourquoi émotion chez les amateurs de férias ?  Ont-ils recouvré la raison ? Je veux dire, découvert la souffrance animale ? « Emotion chez les amateurs de férias », sur le mode, « enfin ils ont compris qu’ils avaient assisté des années durant à un spectacle sanglant et qu’il était peut-être temps de rompre avec ces pratiques ».

Et ben pas du tout. « Émotion chez les amateurs de ferias » parce que Bayonne a décidé de faire payer un droit d’entrée fin juillet. Enfin une information contre intuitive, et même deux informations en une : il y a encore des gens qui veulent assister à des scènes cruelles avec des taureaux, et ces gens sont prêts à payer, même s’ils le font à contre cœur. 

Et l’article de revenir sur ce qu’il faut appeler la « culture taurine », là aussi découverte : il existe une culture taurine. Lorsqu’enfant vous épingliez des papillons sur une planche de bois, vous vous adonniez à la culture papillonaire, c’est bon de le savoir. 

Mais à quelque chose, malheur est bon. Payer pour assister à la mise à mort du taureau, et même payer doublement, pour la feria, puis pour la corrida, est finalement une bonne chose pour les sciences humaines et sociales. Un prolongement de l’expérience de Milgram, cette fameuse expérience, ou l’on cherchait à mesurer le sadisme de l’être humain. Le principe était simple, on prenait des hommes ordinaires et on leur proposait d’infliger des souffrances à autrui, beaucoup obtempéraient. 

La feria est une variation autour de ce thème, avec une question : combien de personnes sont prêtes à payer pour faire cette même expérience avec un animal ? Jusqu’ici il fallait payer une fois pour voir un taureau souffrir, la nouvelle question est : combien de personnes sont prêtes à payer deux fois ?

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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