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Les voies sur Berges, Paris

La bataille des berges

2 min

le tribunal administratif vient d’annuler la piétonisation des voies sur berges. La promesse d’un feuilleton chaud au cœur de cet hiver froid, d’une circulation alternée.

Les voies sur Berges, Paris
Les voies sur Berges, Paris Crédits : FRANCOIS GUILLOT - AFP

Il est temps de le reconnaitre, la France n’est pas un pays laïc. Non, la France a un dieu, la bagnole, une DS et pas seulement Citroën, celle qui pouvait se prénommer Dyane, ou bien encore, l’aérienne 4L, enfin pas si aérienne que cela. 

Car aujourd’hui nous vivons une vraie nouvelle bataille de 1905, autour de la circulation automobile. Il y a la France des champs qui s’oppose autour du 80 km/h, les pour et les contre, ceux qui refusent de lever le pied, ceux qui pensent que 10 km/h en moins, c’est un détail mais ça veut dire beaucoup, et puis la France des villes, et notamment Paris, avec ce Verdun ou ce chemin de la dame, Anne Hidalgo, comme vous voudrez. 

Cette bataille de Paris, alias, bataille des berges, des berges martyrisées, délivrées, libérées, mais des berges récupérées par la bagnole. Comme vous le savez ou comme vous allez le savoir, le tribunal administratif vient d’annuler la piétonisation des voies sur berges.

La promesse d’un feuilleton chaud au cœur de cet hiver froid, d’une circulation alternée. La maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé qu’elle faisait appel, avec désormais trois catégories d’êtres humains : les piétons qui veulent des berges piétonnisées parce qu’ils circulent par exemple en Vélib, (enfin non pas en Vélib parce qu’il n’y en a pas, mais c’est encore une autre histoire),  les automobilistes parisiens, pour qui le terme d’ « Hidalgo » est devenu un gros mot – tu me traites d’Hidalgo, mais moi je vais te parler de ta génitrice –, et les automobilistes d’ailleurs qui doivent traverser Paris, enfin qui voulaient traverser Paris, et qui ont eu quelque mois pour renoncer à ce projet fâcheux, ou en tout cas bien difficile à réaliser. 

En somme tout se passe comme si la politique française roulait sur quatre roues, si bien d’ailleurs que les fondements de notre système politique sont en réalité de moins en moins liés aux propos de Rousseau et de Montesquieu et de plus en plus à un philosophe allemand ou presque, Bernard Darnietzsche.

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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