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Laurent Wauquiez avec un manifestant gilet jaune, le 17 novembe au Puy-en-Velay

Pourquoi les gilets jaunes sont-ils populaires ?

2 min

Ceux qui se risquent à critiquer les gilets jaunes sont peu nombreux.

Laurent Wauquiez avec un manifestant gilet jaune, le 17 novembe au Puy-en-Velay
Laurent Wauquiez avec un manifestant gilet jaune, le 17 novembe au Puy-en-Velay Crédits : Thierry Zoccolan / AFP - AFP

Oui,  ceux qui se risquent à critiquer les gilets jaunes sont peu nombreux,  Laurent Berger de la CFDT fait exception, évoquant une dérive totalitaire du mouvement mais  pour le reste, pourquoi cette timidité si peu française dans la  critique ? 

Alors bien sûr il est difficile d’avoir une opinion sur un  mouvement aussi insaisissable, pas de leader, pas de parti, en apparence une collection d’individus, soudés par un sentiment, celui de la cherté de la vie, de l’insuffisance du pouvoir d’achat, le  tout symbolisé par la hausse des taxes sur le carburant en général, le  diesel en particulier, carburant du pauvre, à la différence du super, diesel dépense contrainte tellement éloignée  d’une dépense plaisir. 

Et cependant, le caractère intouchable de ce  mouvement questionne – après tout il doit bien exister dans ce pays des  gens hostiles au diesel, pourquoi ne se font ils pas entendre ? C’est d’autant plus étonnant que les précédentes mobilisations sont souvent sévèrement jugées – on sait par exemple à  quel point les cheminots en colère ont eu le sentiment d’être  caricaturés. Autre exemple, encore plus extrême, celui des zadistes, dépeints comme si Daesh s’était emparé d’une partie de la périphérie  nantaise et menaçait de venir égorger nos fils et nos compagnes.  Pourquoi les zadistes ont-ils été caricaturés – et continuent à l’être –  tandis que les gilets jaunes peuvent bloquer des ronds points et des rocades dans une certaine bienveillance ? Parce que  les gilets jaunes évoquent la souffrance, en l’occurrence la souffrance  sociale, les cheminots parlaient du service public, les zadistes de la  nature, en somme ni les cheminots ni les zadistes n’évoquaient leur douleur, leur difficultés, au contraire de ces gilets  jaunes qui racontent leur fin de mois difficile. Or aujourd’hui, la  douleur ne se questionne pas, ne se questionne plus, celui qui souffre a  conquis le droit d’être écouté, écouté par tout le monde, même par le gouvernement, même s’il n’est pas entendu. La maxime  de notre époque est devenu : "Sois sauvage, ô ma douleur ! et tiens toi moins  tranquille"… 

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