LE DIRECT
Des journalistes à la coupe du monde de football en 2006

La footballogie

1 min

La footballogie est à l’anthropologie et à la sociologie, ce que les jeans sont à Claude Levi-Strauss, une copie délavée.

Des journalistes à la coupe du monde de football en 2006
Des journalistes à la coupe du monde de football en 2006 Crédits : VALERY HACHE - Sipa

Il y a pire que le football …

Oui, je sais vous êtes incrédules et pourtant il y a pire que le football : les commentaires sur le football. 

Comme si ça ne suffisait pas de subir cette coupe du monde, il nous faut en plus supporter les discours à prétention sociologiques sur les conséquences de la victoire, ou de la défaite, de l'équipe de France de foot.

D’où la naissance d'une discipline nouvelle en sciences humaines, la footballogie. La footballogie est à l’anthropologie et à la sociologie, ce que les jeans sont à Claude Levi-Strauss, une copie délavée.  

Mais si cette nouvelle discipline restait sagement dans son coin, on pourrait tranquillement l’ignorer. Mais hélas, la footballogie aspire à pire : elle entend récapituler toutes les autres sciences humaines. Psychologie des foules: pourquoi l'être humain devient-il crétin dès qu'il entre dans un stade ? Politique : quels propos ont été échangés dans la tribune présidentielle entre Vladimir Poutine et ses opposants – ah ben non impossible Poutine n’a pas d’opposants. Sans oublier, bien entendu, la chimie : comment augmenter les performances d'un footballeur plus proprement que celles d'un cycliste ?

Les commentairse sur le football sont aussi gonflés que le ballon. La baballe étant devenue chose décisive, elle est l'objet de doctes paroles de la part d'individus évoquant généralement les débats les plus sérieux de l'époque, de la réforme des transcourants de la République en Marche

Le paradigme footballogique est simple : comment réussir à saisir l'esprit d'une époque à partir d'un échantillon absolument non représentatif de 12 types. 

Ce délire collectif est tout simplement le symptôme d'un mensonge auquel tout le monde veut croire. Les politiques, parce qu'ils pensent pouvoir remporter sur le terrain des victoires qu'ils ne parviennent pas à obtenir ailleurs. Les journalistes, parce qu'ils estiment tenir là un sujet concernant qui leur permet de faire croire qu'ils travaillent alors qu'ils regardent le match.

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......