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Emmanuel Macron au sommet du G20 en Argentine le 29/11/2018 pendant le mouvement des "gilets jaunes" en France.

Emmanuel Macron et le manque de compassion

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L’ancien président américain, Georges Bush, mort la semaine dernière, avait quelque chose à apprendre à Emmanuel Macron…

Emmanuel Macron au sommet du G20 en Argentine le 29/11/2018 pendant le mouvement des "gilets jaunes" en France.
Emmanuel Macron au sommet du G20 en Argentine le 29/11/2018 pendant le mouvement des "gilets jaunes" en France. Crédits : Ludovic MARIN - AFP

Oui, car la victoire de Bush à la présidentielle a représenté un travail considérable pour ses communicants. Ils ont réussi à faire passer ce réfrigérateur pour un être chaleureux et empathique. Lors de son élection, son adversaire était encore pire que lui : dans les enquêtes d’opinion de l’époque, Michael Dukakis passait pour un « robot sans cœur», sans aucune place pour les sentiments. 

Une partie de la stratégie de Georges Bush Senior a consisté non seulement a passer pour empathique mais aussi à souligner la froideur de son adversaire. Avec méthode, les Républicains ont dépeint Dukakis comme un cerveau dépourvu d’humanité. Et, du coup, lorsque Dukakis tentait de montrer qu’il possédait les qualités nécessaires à être un homme d’état – la rigueur, la capacité d’analyse – il diminuait ses chances de l’emporter. Au contraire, Bush rassemblait tous ses efforts pour passer pour humain ; il avouait par exemple qu’il lui arrivait de commettre des erreurs. 

Le manque d’empathie, c’est aujourd’hui quelque chose que l’on reproche à Emmanuel Macron. Il est vrai qu’habituellement nos présidents excellent en matière de compassion, Jacques Chirac était le compatissant en chef, toujours une phrase empathique, depuis l’ourse Cannelle jusqu’au plus obscur artiste de variété mort dans l’exercice de ses fonctions. François Hollande restera le président des attentats, avec de multiples occasions, hélas, de compatir. 

Emmanuel Macron en revanche a toujours refusé de compatir, ne citant jamais Charlie Hebdo, refusant de commémorer le 13 novembre — le 13 novembre soit quatre jours avant le début du mouvement des « gilets jaunes », le 17 novembre. Pourtant, il aurait dû savoir que les politiques désormais doivent être des machiavels du bien, Machiavel qui expliquait lui-même, dans le célèbre chapitre XVIII du Prince, que le monarque ne doit rien dire « qui ne respire la bonté, la justice, la civilité, la bonne foi, la piété ». 

En somme, selon Machiavel, le prince qui ne réussit pas à se montrer bon est mauvais. 

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