LE DIRECT
Le Président Emmanuel Macron visitant le cimetière jouxtant l'ossuaire de Douaumont près de Verdun, le 6 novembre 2018, lors des commémorations de la fin de la Première Guerre Mondiale.

A quoi servent les commémorations ?

2 min

Commémorer la guerre au nom de la paix, n’est-ce pas comme militer contre le cancer au nom de la santé ? Car faire de la guerre de 14-18 une conséquence du nationalisme, c’est aussi plat et général que d’analyser la guerre comme une conséquence de la méchanceté.

Le Président Emmanuel Macron visitant le cimetière jouxtant l'ossuaire de Douaumont près de Verdun, le 6 novembre 2018, lors des commémorations de la fin de la Première Guerre Mondiale.
Le Président Emmanuel Macron visitant le cimetière jouxtant l'ossuaire de Douaumont près de Verdun, le 6 novembre 2018, lors des commémorations de la fin de la Première Guerre Mondiale. Crédits : Francois Mori / POOL - AFP

Alors pourquoi la Guerre de 14-18 ? Eh bien, si l’on en croit l’historien australien Christopher Clark, nos ancêtres marchèrent vers la guerre à la manière de somnambules. Des somnambules, les hommes font l’histoire mais ils ne savent toujours pas l’histoire qu’ils font… Des somnambules parce qu’aucun dirigeant européen dans les années 1910 ne savait véritablement qui étaient ses adversaires. Des somnambules parce qu’aucune raison claire ne mène à l’assassinat de l’archiduc d’Autriche François Ferdinand par un nationaliste serbe de Bosnie, rien ne mène de cet assassinat à 16 millions de morts… 

Et à quoi servent les commémorations si elles ne nous permettent pas de comprendre ce qui a déclenché cette guerre ? Rendre hommage à nos morts bien sûr, mais nos morts voudraient ils que nous soyons aussi somnambules qu’ils l’ont été… En refusant de réfléchir aux responsabilités des uns et des autres, en s’intéressant presque exclusivement à une histoire sociale et culture de la guerre de 14, on a fini par oublier l’histoire diplomatique et stratégique qui, seule, peut nous permettre de comprendre les causes du premier conflit mondial. 

Pour Christopher Clarke, la cause de la guerre de 14-18 est d’abord à chercher dans l’expansionnisme serbe. A l’aube de la guerre, entre 1912 et 1913, la Serbie a doublé son territoire lors des deux guerres balkaniques, son président, Nikolas Pasic, court après les extrémistes de son pays… 

La Serbie était belliciste, la Russie aussi, tout comme la France… sans oublier évidemment l’Allemagne. Chacun de ces pays à une bonne raison, autrement dit estime avoir une bonne raison d’entrer dans le conflit, et ce d’autant plus que chacun de ces responsables politique sait que la guerre va être courte et victorieuse. 

La leçon de 14-18 c’est cela : aucun des futurs belligérants n’a voulu une telle horreur et tous y ont contribué. 

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......