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Gérard Genette à Paris en novembre 2008

Gérard Genette et le Robert

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S’il fallait résumer en un mot le travail de Genette, on pourrait dire qu’il s’est toujours attaché aux histoires, aux manières de raconter les histoires : la narratologie, ce rapport étrange que l’homme entretient aux histoires et aux personnages.

Gérard Genette à Paris en novembre 2008
Gérard Genette à Paris en novembre 2008 Crédits : Ulf ANDERSEN - Getty

Gérard Genette, le grand critique littéraire, nous a quittés vendredi dernier à l’âge de 87 ans. Au même moment, le dictionnaire Robert accueille ses mots nouveaux, ouvrant ses pages au terme de cosplay, probablement pour rendre hommage à Gérard Genette, avec deux catégories d’êtres humains : ceux qui ne savent pas ce que veut dire cosplay et ceux qui ignorent qui est Genette. 

Le terme de cosplay, issu de l’anglais, est la contraction de costume et de play : il s’agit de se déguiser en son personnage de fiction favori, qu’il s’agisse de Deadpool ou d’un personnage de la guerre des étoiles, et il faut le préciser, cosplay est une activité de déguisement pas nécessairement prévue pour les enfants, une activité qui témoigne de notre amour des histoires. 

Et c’est là où cet étrange néologisme de cosplay rend hommage au travail de Gérard Genette. Car s’il fallait résumer en un mot le travail de Genette, on pourrait dire qu’il s’est toujours attaché aux histoires, aux manières de raconter les histoires : la narratologie, ce rapport étrange que l’homme entretient aux histoires et aux personnages.

On aurait pu croire que la passion des individus pour les récits allait s’amenuiser, notamment avec ce qui était un vrai lieu commun dans les années 1960 : la mort du roman. Mais non, c’est tout le contraire qui s’est produit. Le récit est au contraire devenu un universel, entre l’explosion des séries et l’importance prise par le storytelling en politique, la manière de mettre la politique en récit. 

C’est la victoire de Gérard Genette que d’avoir perçu cette importance foncière du récit : nous n’aimons rien autant que raconter des histoires, que l’on nous en raconte, et que l’on en raconte, jusqu’à se livrer à un cosplay, devenir soi-même un personnage de fiction, c’est-à-dire de récit. Raconter une histoire parce qu’être raconter, c’est prouver que l’on compte.

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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