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Alain Finkielkraut

Agression d'Alain Finkielkraut : voir ce que l’on croit et croire ce que l’on voit

2 min

Est-ce qu’il a dit « sale juif » ? C’est effectivement l’une des questions qui a agité les stars du commentaire ce weekend. Notre camarade Alain Finkielkraut a-t-il été agressé aux cris de « sale juif » ou pas ?

Alain Finkielkraut
Alain Finkielkraut Crédits : Joël SAGET - AFP

Lui ne l’a pas entendu, check news non plus, le caractère antisémite de cette agression peut-il pour autant être nié ? Peut-être le « rentre chez toi en Israël » était-il une invitation au voyage ? Cette controverse montre une fois de plus de plus que les images brutes ne disent rien ou pas grand-chose, on a beau désormais tout filmer ou presque, cela n’a pas, mais alors pas du tout, mis fin aux querelles d’interprétations. 

Entre agressions de policiers, de manifestants, et là l’agression d’Alain Finkielkraut, l’affrontement est finalement toujours le même : faut-il croire ce que l’on voit, première proposition, célèbre depuis un saint célèbre, une proposition qui doit être immédiatement retournée, faut-il voir ce que l’on croit ? Car finalement, dans l’utilisation de ces deux verbes, voir ce que l’on croit et croire ce que l’on voit, on trouve la base de la plupart des polémiques qui nous ont occupé ces derniers temps. 

Croire ce que l’on voit, autrement dit considérer que l’information n’a pas été manipulée, qu’il n’y a pas eu d’éléments hors contexte qui auraient été masqués ou seraient demeurés masqués, lesquels auraient pu changer le sens à donner à la scène. Mais, autre perspective, voir ce que l’on croit, formule de base de l’idéologie, une manière de considérer que le réel vérifie toujours les croyances, comme la vieille boutade chérie des épistémologues, ces philosophes qui travaillent sur la validité de la connaissance scientifique, si les faits contredisent la théorie, eh bien changeons les faits. 

Comme vous peut-être, j’ai regardé mille fois cette scène, ce qui est probablement une mauvaise idée, et je crois avoir vu la haine à l’état pur, une haine que ne justifie en rien le désaccord, tout désaccord que l’on peut avoir avec Alain Finkielkraut ou un autre, une haine où justement il n’est pas question de laisser l’autre voir ce qu’il croit.

Alors qui pourrait nous mettre d’accord ? Peut-être Péguy, écrivain qu’Alain Finkielkraut affectionne pour qui, « la liberté consiste à croire ce que l’on croit et à admettre (au fond, à exiger), que le voisin aussi croie à ce qu’il croit ». 

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