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Acheter un journal

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Si vous avez envie de vous faire plaisir, pourquoi ne pas s’offrir un journal ?

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Journaux Crédits : Michael Novelo / EyeEm - Getty

Si vous avez envie de vous faire plaisir, pourquoi ne pas s’offrir un journal ?

Oui, enfin, pas aller au kiosque pour vous acheter un journal, de toute manière les kiosques ont souvent mis la clé sous la porte, mais pourquoi ne pas vous acheter un journal complet, locaux, machine à café et journalistes compris. C’est la grande mode à la Silicon Valley : un vrai média est désormais un média qui appartient à un tycoon de l’internet. 

C’est ainsi que le Wahsington Post a été racheté par le patron d’Amazon, The Atlantic par la veuve de Steve Jobs, et cette semaine Marc et Lynne Benioff, fondateurs de Salesforce.com, une société de stockage informatique sur internet, viennent de racheter le magazine Time pour 190 millions de dollars. En France, la situation n’est pas complètement différente, au vu du poids que Xavier Niel et Patrick Drahi, ont désormais dans les médias. 

Internet rachetant des magazines papiers, c’est un peu comme si Netflix rachetait des vidéo clubs, c’est un peu comme si un secteur absorbait celui qu’il avait contribué à ruiner. Mais ce mouvement amorcé depuis quelques temps, montre qu’un cycle s’est achevé. Comme le rappelle The Economist de cette semaine, fut une époque où l’on pouvait devenir un nabab grâce à la presse. 

Le même magazine Time a été créé en 1923 par Henry Luce, lequel avait emprunté 86000 dollars pour le fonder, et avait, à sa mort en 1967, une fortune de 100 millions de dollars. Aujourd’hui, c’est l’inverse, il faut être milliardaire dans la presse pour devenir millionnaire, acheter un journal sans y laisser sa chemise. 

Mais de toute façon, le problème n’est même plus là, ces investisseurs n’ont absolument aucune intention de gagner de l’argent dans la presse, ils veulent en perdre le plus possible – c’est leur différence avec les anciens industriels présents dans la presse, à l’instar de Claude Perdriel fondateur de l’OBS. Aujourd’hui, Jeff Bezos et autres Marc Benioff, dépensent dans la presse comme ils dépensaient naguère en sponsorisant un opéra ou en aidant la recherche contre le cancer. 

Investir dans la presse est devenu un acte de philanthropie pure, ces milliardaires voulant uniquement aider leurs idées à se diffuser dans le débat public. Bref on voudrait accréditer l’idée selon laquelle la presse est entre les mains des puissants, on ne s’y prendrait pas autrement. Quant aux journaux, ils n’ont plus à se vendre puisqu’ils sont déjà achetés. 

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