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Le Général Charles de Gaulle prononce un discours le 04 juin 1958 depuis le balcon du Gouvernement général sur la place du Forum à Alger. C'est au cours de ce discours qu'il a prononcé la phrase célèbre "Je vous ai compris".

L'exemple du reniement politique de De Gaulle

2 min

Il existe un exemple célèbre de reniement politique…

Le Général Charles de Gaulle prononce un discours le 04 juin 1958 depuis le balcon du Gouvernement général sur la place du Forum à Alger. C'est au cours de ce discours qu'il a prononcé la phrase célèbre "Je vous ai compris".
Le Général Charles de Gaulle prononce un discours le 04 juin 1958 depuis le balcon du Gouvernement général sur la place du Forum à Alger. C'est au cours de ce discours qu'il a prononcé la phrase célèbre "Je vous ai compris". Crédits : AFP

Et c’est bien évidemment l’exemple de De Gaulle, chose étrange puisqu’il est probablement aujourd’hui l’homme politique auréolé d’un prestige intact, ce qui ne court pas les ronds-points de par chez nous… 

Rappeler le souvenir des reniements de De Gaulle n’est pas inutile ces temps-ci, puisque ce que demande une bonne partie des Gilets Jaunes à Emmanuel Macron, c’est de mener une politique située aux antipodes de celle qu’il a défendue pendant la campagne, depuis le rétablissement de l’ISF jusqu’à l’augmentation sensible des bas salaires. 

Et, le seul homme politique qui a fait cela, en France, à ma connaissance, c’est Charles de Gaulle, lequel a rendu l’Algérie indépendante après s’être exclamé « vive l’Algérie française », le 6 juin 1958, à Mostaganem, ville alors située dans le département d’Oran. Mieux que le « je vous ai compris » et ajoutant  « à partir d'aujourd'hui, la France considère que, dans toute l'Algérie, il n'y a qu'une seule catégorie d'habitants : il n'y a que des Français à part entière. ». 

Ce vive l’Algérie française témoigne d’une évidence : toute la formation de Charles de Gaulle, son milieu, son éthos dirait on, le conduisait à défendre l’Algérie française, plus ou pire encore, à considérer que l’Algérie ne pouvait être que française. Jusqu’à la fin de sa vie, il le pensa, lâchant d’ailleurs au soir de son existence, en 1969, lors d’un diner avec Malraux, cette boutade sibylline : « l’Algérie restera française comme la Gaule restera romaine ». Cela explique du reste la violence dont il a été l’objet de la part de l’OAS, l’organisation armée secrète, dont le plus doux des slogans à l’encontre du général était « De Gaulle démission ». S’il y eut l’attentat du Petit Clamart, c’est bien entendu parce que De Gaulle avait abandonné l’Algérie pour ces conspirateurs pro Algérie française, mais c’est aussi parce qu’ils considéraient que De Gaulle était un des leurs, en somme, qu’ils avaient été trahis par leur propre camp, comme Jean-Marie Bastien-Thiry, l’instigateur de l’attentat, l’expliqua lors de son procès. 

Tout cela pour dire qu’en France, il est possible de mener une politique strictement orthogonale aux engagements de campagne et rester cependant, dans l’esprit de certains — de la plupart, pourrait-on dire — le plus illustre des français. 

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