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Bullshit job, c’est un boulot précaire, mais c'est devenu progressivement également le synonyme d'un boulot bien payé, avantageux qui ne recouvre en réalité rien de sérieux

L’expression de "bullshit jobs" n’est-elle pas un peu du "bullshit" ?

2 min

C’est ce qui arrive à toutes les expressions à succès, à un moment elles deviennent finalement peu claires.

Bullshit job, c’est un boulot précaire, mais c'est devenu progressivement également le synonyme d'un boulot bien payé, avantageux qui ne recouvre en réalité rien de sérieux
Bullshit job, c’est un boulot précaire, mais c'est devenu progressivement également le synonyme d'un boulot bien payé, avantageux qui ne recouvre en réalité rien de sérieux Crédits : Getty

Le terme de bullshit jobs a été popularisé par l’anthropologue David Graeber, auteur de livres féroces et assez souvent très drôles. Et Graeber a tellement bien fait son travail – tellement éloigné d’un bullshit job – qu’aujourd’hui l’expression est employée à tort et à travers. Plus précisément, cette expression en est venue à désigner une chose et son contraire. 

Alors, premier sens possible, un bullshit job, c’est un boulot précaire, un contrat bidon, ce que l’on appelait jadis un « Mac Job », un travail peu payé, payé au lance-pierre avec la désagréable sensation de pouvoir être balancé un peu comme la pierre à n’importe quel moment. 

Mais un bullshit job, c’est aussi, seconde signification, par exemple un travail au sein d’une grande entreprise, bien rémunéré doté de tous les avantages en termes de statut et de prestige social, lequel ne recouvre en réalité rien de sérieux. Le marketing a ainsi inventé des pelletés de notions, comme « Directeur de l’expérience client », ou bien des « Future creative officer », responsable de la création au futur, d’ailleurs si vous cherchez des titres de ce genre, il existe sur internet un site pour générer des noms de poste bidon. 

Le problème, c’est qu’il s’agit de deux utilisations strictement contradictoires du terme de bullshit job. Dans le premier cas, il s’agit d’emplois précaires et mal payés, dans l’autre d’emplois recherchés et bien rémunérés, même si leur contenu peut être complètement pipeau. En outre, il n’est jamais simple de dire que le travail d’autrui est pipeau, souvent c’est le titre retenu qui l’est, le contenu véritable est tout autre, il est bien réel, même s’il est différent. 

Tout travail peut être qualifié de bidon, par exemple le président des États-Unis, j’ai cru comprendre qu’il ne travaillait pas ses dossiers, décidait de manière comment dire, impulsive. Quant à mon travail, s’agit-il d’un bullshit job ? En un sens oui, je pourrais lire le bottin roumain « Carnatar Cioban Constantinescu Danielesco Dragoman... », après tout ce que les auditeurs attendent de moi en premier, c’est que j’accompagne leur réveil en leur donnant l’heure, et bien je vais vous dire, il sera bientôt 7 heures, soyez les bienvenus !

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