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Des embarcations sur une place du cap Bon

Le cap Bon, terre d'asile

2 min

L’histoire est pleine de moments où les peuples donnent asile les uns aux autres.

Des embarcations sur une place du cap Bon
Des embarcations sur une place du cap Bon Crédits : YVAN TRAVERT / PHOTONONSTOP - AFP

Vous avez vu la presse tunisienne…

Oui par exemple la Dépêche tunisienne – pas celle qui célèbre la presque victoire en foot de la Tunisie contre l’Angleterre – mais celle du 6 août 1947, et qui est reproduite par la version tunisienne du Huffington Post

En Une, le 6 août, il est question de l’arrivée de milliers d’Italiens sur les côtes tunisiennes, au cap Bon, notamment. Le cap Bon, qui est l’un de plus beaux endroits sur la terre. Le cap Bon était le refuge de milliers de Siciliens. Les Italiens l’ont peut-être oublié, alors il est bon de rappeler. 

Au cap Bon, des milliers de migrants venaient chercher la paix, le pain, la liberté. « On crève de faim en Sicile, disait l’un d’eux, et nous préférons mourir sur place plutôt que d’y retourner, disait encore l’un de ces migrants ». 

Un chercheur, Jerfel Kamel, évoque la grande arrivée des Italiens dans la ville de Sousse entre 1870 et 1930 – moi-même je connais des Tunisiens aussi tunisiens que je suis français, nés à Monastir, qui ont eu jusqu’à une date tardive la nationalité italienne – oui oui italienne. 

Les Italiens ne se s’en souviennent pas, il est probable en revanche que les Siciliens s’en souviennent, puisque ceux-ci ont rappelés au nouveau gouvernement italien que leur port resterait ouvert aux migrants, quel que soit les discours prononcés à Rome. 

– c’est ainsi que la Drôme des collines a été façonnée par les guerres de religion : pas un village n’a été épargné par les convulsions du temps, par l’une des plus graves erreurs que de la France, la révocation de l’édit de Nantes. 

Et c’est parce que le lieu conserve cette mémoire historique qu’il a accueilli des migrants pendant la seconde guerre mondiale, que les fermes fortes se sont à nouveau transformées en asile. 

Une manière aussi de nous poser cette question : qu’est-ce qui nous prouve que nos petits-enfants, nos arrières petits-enfants n’auront pas à monter un jour sur l’Aquarius ? 

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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