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Serge Dassault au Bourget en juin 2017

Serge Dassault est mort

2 min

Il n’y a pas un Dassault qui est mort, mais plusieurs, si l’on en juge par les notices nécrologiques divergentes qui lui sont consacrées.

Serge Dassault au Bourget en juin 2017
Serge Dassault au Bourget en juin 2017 Crédits : ERIC PIERMONT - AFP

Aujourd’hui un peu d’éthique de la nécrologie… 

Oui, c’est une discipline que l’on devrait enseigner dans les écoles de journalisme car statistiquement, il n’est effectivement pas rare que des gens meurent, et, ceux qui meurent ne sont pas tous des saints. 

D’où des difficultés pour savoir comment faire une viande froide. Oui, parce qu’il est tôt, on est entre nous, et que je dois vous le dire : dans le jargon des journalistes, une nécro, on appelle ça une viande froide. 

Donc aujourd’hui, cas pratique Serge Dassault. En fait, cas pas pratique du tout puisqu’il n’y a pas un Dassault qui est mort, mais plusieurs si l’on en juge par les notices nécrologiques divergentes qui lui sont consacrées. Le doigt sur la couture du pantalon, le Figaro rend hommage au patron, normal : Serge Dassault avait toutes les qualités, c’était même, je cite : « un chef de famille attentif ». 

Morceau de bravoure, un papier sur ses quarante ans de combat politique dans l’Essonne, un article d’une grande pudeur, pas un mot sur ses ridicules soupçons d’achat de vote… Les gens sont méchants, Serge Dassault était un vrai démocrate, un amoureux de la démocratie. Il aimait tellement la démocratie qu’il était prêt à payer pour que les gens votent.

Article très convenable aussi dans le Parisien : « Un capitaine d’industrie disparait ». Les Echos je dois dire ne m’ont pas choqué : « Un grand capitaine d’industrie ». L’Opinion en revanche est plus malicieuse : « sa passion pour la politique le dévorait », écrit Nicolas Beytout, « jusqu’à l’excès ». Jusqu’à l’excès… Voilà voilà, ben c’est dit. 

Mais finalement, le papier le plus irrévérencieux n’est pas celui que lui a consacré le Canard enchainé - le canard sort le mercredi - mais celui du Financial Times : 4 colonnes, une pour le présenter, l’autre pour évoquer ce qu’il a fait dans sa vie durant et les deux dernières consacrées aux difficultés de Dassault Serge à succéder à Dassault Marcel, et la quatrième enfin pour aborder la question des achats de voix à Corbeil-Essonnes. 

La presse capitaliste c’est ça : c’est le Financial Times, une presse qui à la différence des titres de presse possédés par des capitalistes, du Figaro à l’Opinion, une presse qui veut être vendue pour ne pas être achetée.  

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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