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Photo de Charles Aznavour prise le 1er octobre 1966.

Les identités complexes de Charles Aznavour à Rachid Taha

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On ne meurt jamais au bon moment, et l’on aurait aimé que Charles Aznavour vive jusqu’à 120 ans. Mais le dieu des chanteurs, celui qui vit à l’Olympia, en a décidé autrement, et l’on n’entendra plus La bohême chantée sur scène par le grand Charles.

Photo de Charles Aznavour prise le 1er octobre 1966.
Photo de Charles Aznavour prise le 1er octobre 1966. Crédits : B.N.I.P.P - AFP

Et c’est là que l’on découvre que le grand Charles va bénéficier d’un hommage national, pardon d’hommages nationaux à la fois en France et en Arménie. 

Au moment même où l’on évoque l’identité au singulier pour dire qu’il faut choisir, qu’on ne peut pas être bi et encore moins tri, voilà un homme que presque tous les Français aiment, qui n’a cessé de dire qu’il avait deux patries, comme le café au lait n’est ni du café ni du lait, ajoutait-il. Aznavour avait deux patries, deux patries choisies, la France où il est né, l’Arménie où il aurait pu naître si les Turcs n’avaient pas conduit sa famille à fuir pour échapper au génocide.

C’est amusant parce que cette double nationalité tranche avec la manière dont on avait commenté l’identité de Rachid Taha, l’auteur notamment de Ya Raha, célèbre aussi pour sa reprise de Douce France et de Rock the Kasbah, mort le 18 septembre dernier. Rachid Taha est présenté comme un chanteur algérien ayant résidé la majorité de sa vie en France, et après son décès, on a cherché à tout prix à livrer une vision monolithique de l’identité de cet homme, comme si deux cultures pour un même homme, cela embarrassait plus qu’autre chose. 

De fait, Rachid Taha avait songé à demander sa naturalisation française, sans jamais aller jusqu’au bout. C’est dommage, parce que l’on aurait pu voir, s’il y avait deux poids deux mesures, dans cette manière d’appréhender les identités, des identités naturellement complexes. Parce que oui on peut être français et arménien, même si l’on n’est pas arménien de naissance, français et algérien, selon son choix.

L’identité n’est pas une contrainte, c’est un choix, et si l’on demande aux personnes de couper dans leur passé, on se coupera de personnes comme Aznavour ou Taha. 

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