LE DIRECT
Nourrisson portant son bracelet de naissance. Photo prise le 17 septembre 2013 à l’hôpital de Lens.

Peut-on appeler son fils Ambre ?

2 min

Eh bien oui, évidemment, pourquoi pas pourvu qu’Ambre soit une fille. C’est ce que vient de décider un tribunal du Morbihan comme l’a rapporté hier France Bleu Breizh Izel.

Nourrisson portant son bracelet de naissance. Photo prise le 17 septembre 2013 à l’hôpital de Lens.
Nourrisson portant son bracelet de naissance. Photo prise le 17 septembre 2013 à l’hôpital de Lens. Crédits : PHILIPPE HUGUEN - AFP

Voici l’histoire : un couple habitant la Bretagne a décidé en janvier de prénommer son fils Ambre, prénom certes féminin explique ce couple, mais à consonance masculine et surtout déjà donné à des garçons par le passé. 

Oui mais voilà, le juge aux affaires familiales de Lorient ne l’entend pas de cette oreille et refuse de voir ou plutôt d’entendre un garçon prénommé Ambre. En outre, ce couple est un couple de femmes, et ces femmes soupçonnent, derrière ce refus, une arrière-pensée homophobe, d’autant plus ajoutent-elles, que le même tribunal a laissé des couples hétérosexuels baptiser leur enfant de noms compliqués à porter – Clitorine est ainsi cité en exemple. 

Toute cette histoire me va droit au cœur moi qui ai décidé de prénommer ma fille Shalom, en l’honneur notamment de Shalom Harlow, actrice et mannequin canadienne, Shalom étant généralement un prénom de garçon, ce qui donne à penser à ma femme que j’ai appelé ma fille Robert. 

Je referme cette parenthèse personnelle, enfin je la renferme à moitié, parce que je pense que les prénoms à l’avenir seront de moins en moins genrés, plus exactement il va arriver aux prénoms la même chose qu’aux jeans et aux parfums, une fille pourra porter un jean boyfriend – c’est d’ailleurs déjà le cas – un garçon utilisera du numéro 5. Tout cela est une conséquence directe de ce que le philosophe Marcel Gauchet appelle « l’assomption de soi », le genre d’un individu devenant de plus en plus une affaire privée, un choix personnel, familial dans le cas des prénoms. Il n’y a plus aucune raison d’imaginer que l’état se préoccupe de notre manière de vivre le genre, en quoi a-t-il son mot à dire sur nos manières d’envisager le masculin ou le féminin, ou les deux à la fois. 

Je ne sais pas ce qui va advenir d’Ambre, mais ce qui est certain, c’est que si j’étais l’état civil, je me préparerai à être de moins en moins état et de plus en plus civil.

L'équipe
Production
À venir dans ... secondes ...par......