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Alain Weill, futur nouveau propriétaire de L’Express.

Le plan de relance de L’Express

2 min

Allez maintenant, c’est au tour de L’Express…

Alain Weill, futur nouveau propriétaire de L’Express.
Alain Weill, futur nouveau propriétaire de L’Express. Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

Oui, L’Express, le news magazine qui incarne les news magazine, eh bien c’est son tour de connaître un plan de relance, comme on dit pudiquement dans les médias, parce que bien souvent c’est un plan de relance dans le mur. 

Alors je vous passe les détails, mais disons pour faire court que L’Express change de main, 51 % des parts passent entre les mains d’Alain Weill, fondateur de Next Radio, autrement dit notamment de BFM TV, bon jusqu’ici pourquoi pas… Mais les projets d’Alain Weill tels que les raconte Le Figaro du jour passent par le départ de 30 à 40 journalistes sur 110, soit près d’un tiers de journalistes en moins pour faire le magazine. L’Express sera donc plus mince mais évidemment plus dense annonce le nouveau patron, avec ce nouveau mot d’ordre « on ne peut pas tout traiter », ce qui en langage patronal veut dire « ça sent le sapin ». — c’est cela un plan de relance dans les médias, le seul secteur où l’on croit que le « less is more » (moins, c’est plus) a un avenir : on va vous en offrir moins et vous nous achèterez plus…. 

Tout cela pour tirer deux conclusions. Alors, attention, la première conclusion est corporatiste : journaliste est une profession sinistrée, absolument sinistrée. S’en prendre aux journalistes parce qu’ils incarnent le système, c’est à peu près aussi malin que de considérer que les vidéo clubs représentent la nouvelle économie. Le nombre de cartes de presse ne cesse de chuter, et les jeunes journalistes sont des précaires sous-payés. Si l’on veut vraiment puiser un qualificatif chez Nizan pour évoquer les journalistes, alors les journalistes, les jeunes en tout cas, ne sont pas des chiens de garde, mais des intellectuels prolétaroides. Et puis, seconde conclusion, un jour ou l’autre, il faudra bien que l’on se demande si cette insatisfaction vis-à-vis des médias n’est pas corrélée à la paupérisation des médias… 

Si les journaux se vendent et se revendent, à Alain Weill, à Kretinsky, à qui vous voudrez, c’est parce que les français ne les achètent plus. On a fini par accréditer que l’information devait être gratuite, ce qui est une excellente nouvelle pour tous les oligarques qui ont décidé de se les offrir. Car ne l’oubliez pas, en matière d’information comme du reste, ce qui est gratuit ne vaut absolument rien.

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