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Une chaussure Christian Louboutin signée par le designer

Les Louboutins en « Pantone 18 rouge chinois »

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Depuis 25 ans, Christian Louboutin fait des stilettos, des escarpins qui font courir les femmes et peut-être aussi les hommes et les vend le prix d’un loyer.

Une chaussure Christian Louboutin signée par le designer
Une chaussure Christian Louboutin signée par le designer Crédits : MAT HAYWARD / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / - AFP

Freud avait donc raison…

Oui, pas sur tout, mais sur les chaussures – sur le fétichisme des chaussures. Mais pas celui que vous croyez. Et d’ailleurs, c’est la cour européenne de justice qui en a décidé ainsi, comme le raconte le Financial Times aujourd’hui. Alors voici l’histoire. 

Si vous voulez mettre à vos pieds des chaussures qui coûtent un bras, il y a une solution qui s'appelle Christian Louboutin. Depuis 25 ans, Christian Louboutin fait des stilettos, des escarpins qui font courir les femmes et peut-être aussi les hommes et les vend le prix d’un loyer. Mais comment reconnaît-on des Louboutin ? 

Eh bien, les Louboutin se reconnaissent au rouge de leurs semelles. Des semelles rouges, rien à voir avec une prise de position politique contrairement à ce que vous pensez, ce n’est pas en regardant un défilé du parti des travailleurs que Christian Louboutin a eu l’idée de peindre les semelles de ses chaussures en « Pantone 18 rouge chinois ». C’est en voyant le vernis de l’une des femmes qui travaillait avec lui, elle se vernissait les ongles, et l’idée lui est venue d’appliquer ce vernis sur les semelles de ces chaussures. 

Oui, mais tout cela a donné des idées à d’autres chausseurs qui se sont dit qu’il suffisait de repeindre leur semelles en rouge pour les faire passer pour des Louboutin. Et c’est là qu’intervient Freud – pas ou vous l’imaginez. Le fétichisme des chaussures, ni-même le fait que les semelles soient peintes en rouge, rouge et noir, pas la peine de se lancer dans une lecture capillotractée de la symbolique des couleurs. 

Non, ce qui est intéressant, c’est que la mode en est à protéger une couleur, ce qui montre que la différence tient à peu de choses. Peut-être à ce mécanisme que Freud appelait le narcissisme des petites différences. Quand les grandes différences ont disparu, il ne reste plus que des détails, et ce sont sur ces détails que se construisent des dualités. 

Dans un univers ou finalement tout se ressemble, il suffit peut-être d’un détail pour distinguer une chaussure d’une autre. Tout cela nous a donné des idées à France Culture, et je pense qu’à la rentrée nous ne manquerons pas de faire défiler Xavier Martinet en stilettos aux semelles violettes.   

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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