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Automobiliste soutenant le mouvement des "gilets jaunes" contre la hausse du prix du gazoil, le 13 novembre 2018.

Gilets jaunes et diesel : Paris vs le reste de la France

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Hier dans les rues de Paris, j’ai fait un sondage.

Automobiliste soutenant le mouvement des "gilets jaunes" contre la hausse du prix du gazoil, le 13 novembre 2018.
Automobiliste soutenant le mouvement des "gilets jaunes" contre la hausse du prix du gazoil, le 13 novembre 2018. Crédits : DAMIEN MEYER - AFP

La méthodologie était simple, j’étais sur mon scooter, et je comptais les gilets jaunes. Eh bien le résultat des courses je peux vous le révéler avec une grande précision : j’en ai compté un, un et un seul, il était confortablement installé sur la planche de bord d’une Twingo ancien modèle, laquelle Twingo était aussi dotée de l’affichette « le 17 novembre bloquons tout ». 

Une voiture, ou une personne donc, sur les centaines de voitures croisées hier dans la matinée, j’ai eu le temps de compter pratiquement toutes étaient arrêtées, mais ça c’est une autre histoire. Et pourtant ce matin encore les gilets jaunes font la une de la presse, preuve qu’ils sont très présents hors Paris. Je me souviens d’ailleurs que dans la Drôme, il y a 15 jours, une bonne poignée de voitures déjà arboraient leur gilet jaune, alors qu’à l’époque la mobilisation n’en était qu’à ses prémisses. 

Et je me suis dit que le problème était probablement là, un seul gilet jaune à Paris, une voiture égarée probablement, des centaines de l’autre côté du périphérique et plus encore après la Francilienne, autrement dit une nouvelle version de Paris vs le reste de la France. Et si la sociologie de Paris, cette sociologie qui tient à un chiffre : 10.000 — plus de 10000 euros le mètre carré — et si cette sociologie n’expliquait pas l’épidémie de jaune ? 

Car finalement elle veut dire cela, la phrase condescendante de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, cette phrase par laquelle il expliquait que la France qu’il veut ça n’est pas une France qui marche au diesel. Benjamin Griveaux ne veut plus de diesel puisqu’il ne sait même pas que le diesel existe. Le parisien n’a plus de voiture ou alors elle est immobile, le parisien n’a pas de problème de taxe, ou en tout cas pas de problème de taxe sur les carburants. 

Avant, l’ouvrage qui faisait date était de Jean-François Gravier et il s’intitulait Paris et le désert français. Voici, par Benjamin Griveaux, « Paris et le diesel français ».

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