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Emmanuel Macron le 10 octobre 2017

Le président écrit donc de sa main

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C’est le principal enseignement de la journée d’hier, en tout cas pour moi.

Emmanuel Macron le 10 octobre 2017
Emmanuel Macron le 10 octobre 2017 Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

J’ai suivi l’allocution d’Emmanuel Macron à la télévision, à 20 h, je n’ai pas réussi à comprendre grand-chose parce que ma télévision est quotidiennement bricolée par trois individus de petite taille, mais j’ai clairement vu qu’Emmanuel Macron ne lisait pas un prompteur mais avait des notes devant lui. Il y avait des feuilles de papier A4 fortement griffonnées, et évidemment, on aurait tellement aimé savoir ce qu’il a failli dire et qu’il n’a pas dit – des révélations sur l’affaire Benalla, un vers d’Aragon ou d’Hugo, la nomination du cinéaste Alain Cavalier à l’artisanat – bref je n’ai pas entendu ce que Macron avait à nous dire, mais j’aimerais tellement savoir ce qu’il aurait pu nous dire. 

Je ne me souviens que des détails des allocutions présidentielles, par exemple Jacques Chirac après son AVC avait mis des lunettes pour lire le prompteur alors qu’auparavant celles-ci avaient disparu et l’on avait longuement glosé sur la réapparition des bésicles, des yeux secs ou des dommages cérébraux sur le président. 

Aujourd’hui tout fait signe, ou plus exactement tout est sommé de faire signe, donc on va longuement chercher à comprendre ce que cette lecture est censée signifier, un signe d’humilité, une habitude d’étudiant, la volonté de montrer que lui et lui seul écrit encore à la main, ou bien encore peut-être était-ce Alexandre Benalla qui maniait le prompteur auparant…. Ainsi donc ce président n’aurait pas de plume, ou plus exactement, sa plume serait la sienne, la preuve que le métier présidentiel est demeuré très artisanal, on rédige avec son style un beau discours et puis l’on biffe, on rature et on réécrit dans la marge, jusqu’à la dernière minute, on le fait tellement que l’on n’a plus le temps de prompter, ou bien on ne juge plus cela utile. 

Les français jugeront, comme disent les commentateurs politiques fatigués, ils jugeront si ces notes manuscrites sont le signe d’une présidence brouillonne, ou bien si avant chaque chef d’œuvre, il faut un brouillon.

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