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Jean-Marie Le Pen, le  21 janvier 2017, lors d'un meeting à Palavas-Les-Flots

Les Mémoire "sans bullshit" de Jean-Marie Le Pen

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On se demande pourquoi il a fallu attendre tant de temps pour que Jean-Marie Le Pen dise simplement "je suis pétainiste". Tant d’années à tourner autour du pot vichyste !

Jean-Marie Le Pen, le  21 janvier 2017, lors d'un meeting à Palavas-Les-Flots
Jean-Marie Le Pen, le 21 janvier 2017, lors d'un meeting à Palavas-Les-Flots Crédits : PASCAL GUYOT - AFP

Les Mémoires de Jean-Marie Le Pen sont publiées et c’est une bonne chose… Oui, une bonne chose, parce qu’elles sont 100 % "sans bullshit", pour utiliser un terme anglais désormais immortalisé par Laurent Wauquiez dans son vrai faux cours à l’EM Lyon.

Le Pen écrit ses Mémoires "sans bullshit" en tout cas sur un point : il a été, il est et il sera pétainiste. Non pas pétainiste de 1940, au moment où beaucoup croyait que le maréchal allait nous sauver, enfin « nous » , le nous ne comprend ni les juifs ni les francs-maçons ni les communistes et j’en passe. 

Non, Jean-Marie Le Pen est pétainiste de 2018. «  _P_étain n’a pas manqué à l’honneur » écrit Jean-Marie Le Pen, une phrase qu’il faut relire, je sais qu’il est tôt. Et pour que les choses soient claires, Le Pen ajoute « De Gaulle reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France ». Oui, entre De Gaulle et Pétain, Jean-Marie Le Pen a choisi, tout juste concède-t-il, je cite Le Pen, « que l’on puisse discuter de la politique de collaboration, de ses fautes ». C'est pas mal de considérer que la collaboration a entraîné des fautes ! Mais Le Pen dit mieux, puisqu’il évoque les excès de la collaboration. Excès de la collaboration, on dirait du Desproges. 

Bref, Le Pen veut bien évoquer les fautes et les excès de la collaboration mais alors ajoute-t-il, il faut évoquer les fautes et les excès de tous. Et là, j’avoue que je n’ai pas bien compris cette phrase, que signifie les excès de tous ? Que signifie cette mise en balance des excès du gouvernement de Vichy avec les excès de qui, des résistants, des juifs, des russes encerclés à Stalingrad ? 

Jean-Marie Le Pen nous sert donc dans ses Mémoires, une énième version de « la guerre Gross malheur », une version tranquillement pétainiste. Et du coup, on se demande pourquoi il a fallu attendre tant de temps pour que cet homme dise simplement « je suis pétainiste ». Tant d’années à tourner autour du pot vichyste, quel temps perdu ! Que je regrette que Jean-Marie Le Pen n’ait pas été invité à donner un cours à l’école de commerce de Lyon !

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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