LE DIRECT
Un modèle au défilé Christian Dior, collection automne-hiver 2018-2019, pendant la Fashion Week, à Paris, le 27 février 2018

Une Fashion Week rebelle

1 min

C’est la Fashion Week qui défile… Et Christian Dior mise sur mai 1968 pour s’adresser à la jeunesse. Aujourd’hui une collection Dior mai 68, demain une collection Yves Saint-Laurent « Notre-Dame-des-Landes »

Un modèle au défilé Christian Dior, collection automne-hiver 2018-2019, pendant la Fashion Week, à Paris, le 27 février 2018
Un modèle au défilé Christian Dior, collection automne-hiver 2018-2019, pendant la Fashion Week, à Paris, le 27 février 2018 Crédits : Victor VIRGILE - Getty

C’est la Fashion Week qui défile… Oui, et elle défile pratiquement façon Bastille-Nation, enfin c’est ce qu’essaye de nous vendre le défilé Christian Dior. La griffe, nous dit Le Figaro, mise sur mai 1968 pour s’adresser à la jeunesse. 

Chaque mot compte : Dior mise sur mai 1968. voilà une bonne nouvelle, ce petit faiseur appartenant à Bernard Arnault, grand révolutionnaire devant l’éternel, souhaite s’adresser à la jeunesse. Avec des robes à 2000 pavés, cela risque d’être une jeunesse particulière ! 

La collection Dior rend donc hommage à mai 1968, à grands coups de patchwork, et effectivement, voilà de la récupération ou bien l’on ne s’y connait pas. C’est cela le drame du capitalisme actuel : il est capable de tout récupérer, y compris ce qui était censé le nier. 

Mai 1968, cette révolution manquée devient une collection réussie. « Il est interdit d’interdire » devient, je cite la directrice de collection de Christian Dior, un foulard imprimé « C’est non non non et non ! » repris sur une grosse maille. 

Le système marchand, c’est le système digestif le plus inoxydable au monde, on pourrait lui donner des clous et des vis, il réussirait à s’en nourrir, alors les événements les plus rebelles de la planète pourquoi pas. Aujourd’hui une collection Dior mai 68, demain une collection Yves Saint-Laurent « Notre-Dame-des-Landes », et pourquoi pas une tenue imprimée zadiste et défilé de punk à chien avec bijoux à dreadlocks en diamants et sacs en nylon Cordura destinés aux zones humides - après tout, l’avenue Montaigne descend vers la Seine.  

Ce n’est pas que la mode ne respecte rien, c’est que plus c’est subversif, plus c’est censé faire vendre, « Rebell sell » comme en anglais ! En 1986, cinq ans avant de mourir à 41 ans, Guy Hocquenghem écrivait une Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, il ne savait qu’en 2018 le col Mao serait signé Dior.

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......