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Bas-relief de l'Assemblée Nationale à Paris le 6 novembre 2018.

La République est-elle menacée ?

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La République est-elle menacée, comme l'a dit le président du Sénat, Gérard Larcher ?

Bas-relief de l'Assemblée Nationale à Paris le 6 novembre 2018.
Bas-relief de l'Assemblée Nationale à Paris le 6 novembre 2018. Crédits : Lionel BONAVENTURE - AFP

Non, la République n'est pas menacée, elle n'est évidemment pas menacé par les gentils "gilets jaunes", ni même les méchants "gilets jaunes". La République n'est pas menacée sauf si elle veut se penser menacée. 

L'Histoire montre que ce n'est pas parce que les putschistes ou les révolutionnaires sont peu nombreux qu'ils sont condamnés à échouer, donc ce n'est pas la peine de quantifier le nombre de ses ennemis. La Russie des tsars comptait 180 millions de paysans, ces 180 millions de paysans vivaient sous le joug de 3 millions de nobles et il a suffi à Lénine et aux siens de rassembler 23.000 hommes pour renverser le régime. Comment 23.000 hommes peuvent-ils prendre le dessus sur 3 millions de nobles ? Eh bien, en se montrant souples, agiles intellectuellement et coopératifs. Autrement dit, la République doit se montrer plus souple, plus agile intellectuellement et les républicains plus coopératifs que ceux qui les menacent. 

Plus encore, les républicains doivent se dire que la République est invincible, c'est vrai depuis 1981, rien à voir avec l'élection de Mitterrand. les républicains doivent se dire qu'ils sont invincibles depuis l'abolition de la peine de mort. Je m'explique. Que signifie l'abolition de la peine de mort ? Qu'aucun ennemi aussi ennemi soit-il, terroriste, tueur en série, et pourquoi pas putschiste ne peut désormais être exécuté pour ses crimes. En effet, que signifierait la peine de mort administrée à l'un de ces criminels ? Que la République est en état de légitime défense, qu'elle n'a pas d'autre choix que de supprimer ceux qui pourraient lui porter atteinte. Si la peine de mort a été abolie, c'est parce que la République se sait invincible, elle punit ceux qui l'attaquent mais elle les garde en son sein, parce que même les antirépublicains font partie de la République. A contrario, les dictatures ont recours à la peine de mort parce qu'elle savent qu'elles sont des pouvoirs faibles : il a suffi de 80.000 hommes pour faire tomber Ceausescu, le dictateur roumain, en 1989. 

Les dictatures se savent faibles et c'est pourquoi elles utilisent la manière forte, les républiques, elles, ne peuvent pas mourir, elles ne peuvent que se suicider.

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