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Espace de travail Wework

Il y a pire que l’open space…

2 min

Oui, oui, l’open space vous connaissez : c’est cet espace de bureau partagé où vous êtes censé travailler, produire des efforts.

Espace de travail Wework
Espace de travail Wework Crédits : MANDEL NGAN - AFP

Sauf qu’une partie de vos efforts est destinée à vous permettre de vous concentrer, parce qu’entre votre collègue qui téléphone et celui qui croque dans son muesli, même un yogi perdrait son calme...

Eh bien, on a inventé quelque chose de pire que le bureau partagé : le bureau « partagé partagé », autrement dit un open space que plusieurs sociétés occupent simultanément, chacune payant au temps d’occupation des sièges. Et quand je dis « inventer », ça n’est pas un inventeur dans son coin qui a eu l’idée de ce machin, mais une multinationale qui est la seconde capitalisation en terme d’entreprise innovante, après Uber, il s’agit de WeWork dont vous trouverez le portrait par exemple dans Les échos du jour. 

A Wework, on travaille, et pour l’entreprise en question on peut même dire que l’on travaille fort puisque l’entreprise est valorisée à 50 milliards d’euros, soit deux fois la valeur de Saint-Gobain. Alors à WeWork on travaille, on travaille fort tandis que votre vie à vous est un enfer, puisque WeWork a inventé la flexibilité absolue, vous n’avez plus d’employeur, puisque vous êtes travailleur indépendant : vous n’avez plus de place, plus d’espace, vous devez tout louer. Et si WeWork vaut si cher, c’est parce que les financiers ont pensé que cette entreprise montrait l’avenir du travail. 

Et ce qu’il y a de fabuleux dans WeWork , c’est que cet enfer pour les travailleurs construit un paradis pour les investisseurs, car tandis que des millions de freelance louent des bureaux partagés, les investisseurs font des affaires à l’ancienne en achetant de la pierre. Alors bien sûr, comme on est dans la nouvelle économie, ces bureaux sont décorés de manière cool et l’on y trouve de l’eau aromatisée, mais derrière cette façade nouvelle, on est de retour aux rentiers du XIX e siècle. 

Et, encore une fois, c’est Marx qui avait raison, « Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l'époque bourgeoise de toutes les précédentes » écrivait il, c’est toujours la lutte des classes, mais dans les bureaux partagés, cela devient la lutte des places.

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