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Le photographe James Nachtwey nous donne des nouvelles de notre monde, sur les quarante dernières années. Ici à Gaza en octobre 2000

James Nachtwey, au plus près des nouvelles du Monde

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On peut considérer le photoreporter James Nachtwey, comme le plus prolifique de ces dernières décennies, un observateur exceptionnel de notre monde contemporain et probablement l’un de ses témoins les plus clairvoyants.

Le photographe James Nachtwey nous donne des nouvelles de notre monde, sur les quarante dernières années. Ici à Gaza en octobre 2000
Le photographe James Nachtwey nous donne des nouvelles de notre monde, sur les quarante dernières années. Ici à Gaza en octobre 2000 Crédits : Laurent VAN DER STOCKT - Getty

Puisque nous sommes à la radio, parlons de James Nachtwey…

Peut-être que son nom ne vous dit-il rien : James Nachtwey, l’un des plus grands photojournalistes au monde – bon ça, à la limite – mais surtout celui qui a façonné votre vision de l’actualité, que vous vous souveniez de son nom ou pas. 

Ce survivant du génocide rwandais, marqué à coup de machette, pris de profil, c’est lui. Ces images du fond de la misère humaine, pendant la famine au Darfour, c’est encore lui. La catastrophe qu’a constituée l’agent orange, ce défoliant utilisé par l’armée américaine au Vietnam, c’est encore lui. 

James Nachtwey fait partie du petit nombre de photojournalistes qui ont fait l’histoire contemporaine parce qu’ils ont documenté le tragique de l’époque : « time is out of joint », comme le disait Shakespeare. 

Si vous avez la possibilité de visiter à Paris la grande rétrospective consacré à James Nachtwey, à la Maison européenne de la photographie, faites le. Faites-le aussi parce qu’il y a quelque chose de mystérieux chez ces hommes qui à la manière de Capa, Gerda Taro, Chim, Don Mc Curry, James Nachtwey ont donné un visage à cette histoire que les hommes font sans savoir qu’ils la font.

Une interrogation existentielle, sur ce qui peut bien pousser les hommes à agir comme ils l’ont fait au Rwanda, au Vietnam, dans les Balkans, mais aussi une question – souvent posée par Nachtwey – pourquoi faire ce fucking job ? Pourquoi le faire au risque d’être blesser, voire d’y laisser sa peau comme Capa, Taro ou Chim ?

A la radio on peut faire du son au loin, en photo au contraire, si la photo est mauvaise, comme le disait Capa, c’est qu’on l’a prise de trop loin. Il y a bien sûr du narcissisme chez ces têtes brûlées, mais il y aussi une manière d’échapper à la dépression, de résister aux malheurs du monde en les documentant. Comme si la pièce était plus facile à supporter parce qu’on en est d’abord le spectateur. 

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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