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Reconstitution du wagon de Compiègne où fut signé l'Armistice du 11 novembre 1918.

Le wagon de Rethondes, wagon de malheur

2 min

Ici tout est symbole et c'est bien cela le problème.

Reconstitution du wagon de Compiègne où fut signé l'Armistice du 11 novembre 1918.
Reconstitution du wagon de Compiègne où fut signé l'Armistice du 11 novembre 1918. Crédits : Eric Feferberg - AFP

Je suis en face d’un wagon, le wagon de Rethondes, à 75 km de Paris, et 1000 de Berlin, le wagon le plus terrible du plus terrible des siècles où périrent des millions d'innocents, un wagon parmi tous ces autres wagons de malheur, du wagon plombé de Lénine aux wagons de déportés. Mais ce wagon là, c'est différent, c'est le wagon princeps et à lui seul il constitue un symbole. 

Symbole d'une drôle de paix, cette paix de 1918 qui fut accueillie avec soulagement par nos aînés, et comme on les comprend. On gagna la guerre, mais comme le dit Clémenceau, on ne parvint pas à gagner la paix. De 1918 à 1939 ce ne fut qu'une trêve dans ce cauchemar, cette autre guerre de Trente Ans. On fit donc la paix dans un wagon, ici même où je me trouve, un 11 novembre 1018 avec un temps semblable à celui-ci, c'était pour en finir avec la mort, la nuit, le sang. 

Oui mais voilà, ensuite ce wagon même devint un enjeu, et la revanche d'Hitler se trouve toute entière inscrite dans cette pauvre clairière éloignée de tout, des regards, de la ville, soumise de temps à autres à la curiosité des animaux de la forêt. Hitler n'eut de cesse que de détruire cette clairière, la plaque que l'on y avait apposé, les statues qui y étaient disposées, les statues, toutes les statues qui y étaient toutes sauf une, celle du Maréchal Foch. Hitler voulait son moment seul face à Foch et tant pis si c'était un Foch de pierre, il ne voulait plus aucune mention de ceux de 14, puis Hitler déménagea ce wagon et le donna à voir aux foules nazis, un wagon particulièrement chamarré lors des journées de la Wehrmacht.

Un wagon utilisé à Rethondes non loin de Compiègne qui fit le trajet à Berlin pour satisfaire le fétichisme nazi, un wagon qui causa la mort de millions d'hommes, et quelle mort, pour la première fois tant d'hommes de l'Atlantique à la Baltique découvrirent qu'il y avait pire que la mort. 

La symbolique c'est la politique à la portée des imbéciles, ceux qui pensent que l'on peut faire la guerre pour l'honneur alors que la guerre est le pire des déshonneurs. C’est ce que nous rappelle ce wagon de malheur.

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