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Des trains de la SNCF, à la gare Saint-Lazarre, le 15 février 2018

Rapport Spinetta sur les rails

2 min

Ce que préconise Spinetta pour la SNCF tient en trois verbes : privatiser privatiser privatiser.

Des trains de la SNCF, à la gare Saint-Lazarre, le 15 février 2018
Des trains de la SNCF, à la gare Saint-Lazarre, le 15 février 2018 Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

Et si on se faisait un Spinetta ? Oui, un Spinetta, autrement dit un rapport à la manière de celui que Jean-Cyril Spinetta vient de remettre sur le rail. Alors des rapports on en a connu beaucoup, des rapports bidons, des rapports évidents aussi, de ceux dont on se dit que les conclusions devaient être connues par l’auteur avant qu’il n’ait écrit une ligne. 

Ce que préconise Spinetta pour la SNCF tient en trois verbes : privatiser privatiser privatiser. Alors par exemple, Jean-Cyril Spinetta propose à la SNCF de se recentrer sur les grandes lignes et les TGV en abandonnant les petites lignes qui coûtent chères. Quelle surprise ! Une proposition qui, j’en suis sûr, aura beaucoup de succès dans la Drôme, ou n’importe quel département rural, où les Français pourraient désormais faire Saillans-Crest en Uber, puisque le rail est trop coûteux. 

En Uber, tiens, ça c’est rigolo, parce que la dette de la SNCF nous dit Jean-Cyril Spinetta, se creuse de 3 milliards par an, et on a appris hier qu’Uber avait perdu cette année 4,5 milliards par an. Vous voyez, c’est cela qui est génial, Uber est considéré comme un joyau du capitalisme alors qu’il perdu 4,5 milliard par an, détruit de la valeur et précarise des emplois, alors que la SNCF est une pétaudière à privatiser quand elle participe à hauteur de 3 milliards par ans à l’aménagement du territoire et à la lutte contre le diesel. 

Cela ne signifie évidemment pas qu’il n’y ait pas des économies à faire, des rationalisations à effectuer. Mais pourquoi être dogmatique et vouloir à tout prix privatiser ce qui se destine peu à l’être, puisque chacun sait qu’un réseau ferroviaire ne peut pas et même ne doit pas être rentable. 

Comme pour d’autres biens communs comme l’énergie, l’ouverture à la concurrence signifie un monopole des prix élevés, le service en moins, confer le compteur Linky dénoncé par tous y compris la Cour des comptes. Le rail comme la route sont des communs que la collectivité doit prendre un charge. C’est ce que dit en substance un penseur gauchiste trop peu lu en France, Donald Trump.

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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