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Poulailler

Dans une ferme il faut savoir tout faire y compris mendier

2 min

Voici comment les médias voient les paysans ruinés…

Poulailler
Poulailler Crédits : KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Oui, c’est une histoire qui tourne de télé en télé, une sorte de conte de fées, l’histoire d’une jeune fille de 15 ans qui lance une cagnotte sur internet pour aider ses parents surendettés, agriculteurs dans le Lot et Garonne. Elle doit récolter 45000 euros pour sauver la ferme familiale, il y a quelque chose de très émouvant dans l’amour de cette jeune fille pour ses parents, sa dévotion, et j’espère de tout cœur qu’elle va réussir à réunir cette somme, que la ferme de ses parents sera sauvée. 

Oui mais alors ensuite on fait quoi ? Je veux dire quand cette ferme sera sauvée, puisque il faut bien sûr qu’elle le soit. Cette cagnotte destinée à sauver une petite exploitation agricole a suscité moins de polémiques, c’est un euphémisme, que d’autres cagnottes récemment médiatisées. Et pourtant, quelle est la morale de cette histoire ? 

C’est qu’aujourd’hui lorsque l’on est un petit agriculteur, il faut compter sur la charité publique pour s’en sortir. A priori, ces agriculteurs se sont endettés pour mettre leur poulailler aux normes, l’exploitation a été placée en redressement judiciaire, mais les dettes demeurent trop lourdes. En d’autres termes, ces gens qui j’imagine se tuent à la tâche ne s’en sortent pas. 

Alors oui il y a un problème, je ne sais pas s’il est lié à la banque qui les a laissé s’endetter, à des activités trop onéreuses pour de petites exploitations, mais il y a quelque chose d’insupportable dans cette histoire de cagnotte : un peu comme si l’on acceptait l’idée que lorsque l’on travaille jour et nuit dans une exploitation agricole on doit, pour survivre, avoir recours à la générosité publique. Alors si l’on en est là, alors c’est quelque chose de dramatique, ce n’est pas un conte de fée cette cagnotte, c’est un scandale, un aveu terrible, les petits agriculteurs ne peuvent plus vivre, ils peuvent mendier, bien sûr mendier 2.0 sur internet, mais mendier tout de même. 

Un peu comme si l’on expliquait aux salariés de ce pays que la seule manière de boucler leurs fins de mois, c’était de gagner au loto… On m’a toujours dit que dans une ferme il fallait savoir tout faire, je ne savais pas, qu’en plus, il fallait savoir mendier. 

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