LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Uber-off, jeu de mot sur "lay-off" : licencements

En matière de banlieues, qui peut le plus ne peut pas nécessairement le moins

2 min

Le plan Borloo sur les banlieues veut permettre une diversification de l'élite, mais semble oublier les plus pauvres, comme les conducteurs de VTC.

Uber-off, jeu de mot sur "lay-off" : licencements
Uber-off, jeu de mot sur "lay-off" : licencements Crédits : Ramon Costa / CrowdSpark - AFP

Il paraît qu’il faut une académie des leaders…

Oui, c’est effectivement ce que prévoit le plan Borloo, une académie des leaders, permettant d’ouvrir la voie à une élite issue de la diversité, une élite que l’ENA ne laisse pas advenir. 

Et c’est très bien de vouloir instaurer de la diversité dans l’élite, mais si on permettait également aux gens normaux d’avoir un travail. 

Car au moment même où l’on évoque cette académie des leaders, un chiffre déboule, celui des personnes qui ont réussi l’examen pour conduire un VTC, un Uber si vous préférez. 

Maintenant il faut un examen pour conduire un Uber, très bien, cela assure une meilleure sécurité pour les passagers, cela permet aussi de rééquilibrer la concurrence avec les taxis.

Mais finalement, seuls 14 % des candidats obtiennent cet examen destiné à devenir chauffeur de VTC, 86 % de recalés qui hier conduisaient pour la plupart des VTC sont renvoyés au chômage. 

Or précisément tout le discours au sujet des VTC a consisté à dire qu’Uber posait certes une série de problèmes mais offrait au moins une solution au chômage dans les banlieues en permettant à des jeunes de trouver un premier boulot, d’après une étude du Boston Consulting Group (un cabinet international de conseils en stratégies), 22000 emplois avaient été créés au premier semestre 2016 dans le secteur des VTC. 

Eh bien avec l’instauration de ce diplôme pour chauffeurs d’Uber, 86 % de ces 22000 personnes sont aujourd’hui au chômage. 

Je n’ignore rien du miroir aux alouettes incarné par ces emplois de chauffeur Uber, bas salaire, concurrence déloyale avec les taxis, mais au moins était-ce des emplois, des emplois qui permettaient pour certain d’entrer sur le marché du travail. 

Eh bien ces travailleurs d’hier sont à nouveau des chômeurs, et pendant ce temps-là on crée une académie des leaders, tiens d’ailleurs j’ai même un sujet pour le concours de l’académie des leaders, qui peut le plus ne peut pas nécessairement le moins. 

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......