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Le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein au festival de Cannes, le 22 mai 2015.

Le déballage commence au sujet d’Harvey Weinstein…

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Harvey Weinstein, ce producteur hollywoodien accusé d’avoir harcelé et violé des actrices, dont le nom jusqu’ici ne nous était pas vraiment familier à nous français, fait ce matin la une de deux journaux, Libération et Le Parisien.

Le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein au festival de Cannes, le 22 mai 2015.
Le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein au festival de Cannes, le 22 mai 2015. Crédits : LOIC VENANCE - AFP

Ce qu’il y a de plus étrange dans chaque cas de déballage, d’Harvey Weinstein à DSK, c’est la manière dont les faits étaient emballés auparavant. C’est toujours le même enchaînement. Avant, rien, des gens sans histoire ; après, tout le monde savait, et chacun y va de son anecdote : Le Parisien de nous apprendre qu’on l’appelait "le Porc", Dominique Besnehard de déclarer qu’il savait sans vraiment savoir mais tout en sachant absolument - bref chacun de lyncher le lynché.

Dans quelques jours, seuls ceux qui voudront passer pour des complices auront le droit de dire qu’ils ne savaient pas qu’Harvey Weinstein agressait des femmes. Un tel enchaînement laisse rêveur : si la chose était à ce point connue, pourquoi a-t-il fallu attendre tant de temps – et surtout une enquête du New Yorker - pour que les langues se délient ? Car de deux choses l’une : ou bien l’on considère que les faits qui lui sont reprochés sont graves, et font de lui un criminel, et alors le silence est une forme de non-assistance à personne en danger pour les victimes passées et les victimes à venir ; ou bien il s’agit d’un silence entretenu, par peur du puissant, et alors un silence de ce type est complice.

Pour les Etats-Unis, je ne sais pas, mais pour la France, je me souviens des réactions après l’affaire Dominique Strauss-Kahn, le grand déballage dans sa vie privée, l’unité a posteriori dans le « on savait tout ». Et depuis rien ou pas grand-chose, aucune autre affaire n’est sortie, à l’exception d’affaires concernant des seconds couteaux, tels Denis Baupin. Alors ou bien la France en a fini avec ce genre d’affaire et il faut s’en féliciter ; ou bien rien n’a changé, et comme dirait l’autre, tout le monde le sait.

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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