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 Rich Piana au festival Arnold Sports, le 2 mars 2015, à Columbus, en Ohio.

Le syndrome du culturiste

2 min

Cela fait longtemps que je veux parler de culturisme sur France Culture, le culturisme n’étant pas la maladie infantile de la culture, mais la gonflette et cette gonflette étant incarnée par feu un certain Rich Piana, dont l’existence m’avait échappé de son vivant.

 Rich Piana au festival Arnold Sports, le 2 mars 2015, à Columbus, en Ohio.
Rich Piana au festival Arnold Sports, le 2 mars 2015, à Columbus, en Ohio. Crédits : Dave Kotinsky - Getty

En lisant son portrait dans le monde, je me suis dit que nombre de phénomènes contemporains de l’anorexie à la radicalisation religieuse s’expliquait par le syndrome dont était mort Rich Piana.

L’histoire de ce monsieur, je vous la résume en trois mots. Tout d’abord pour vous imaginer Rich Piana, il faut vous représenter un homme dont les bras étaient l’équivalent de plusieurs cuisses musclées, un peu comme si on lui avait tressé des bras à l’aide de plusieurs bras. Et comme Rich Piana trouvait peut-être l’ensemble un peu trop sobre, il avait décidé de couvrir ses 130 kilos de muscles d’une couche épaisse de tatouages. Mais ce qui est intéressant chez Rich Piana, c’est sa mort. Car ce qui l’a tué, c’est sa consommation folle de stéroïdes. Cet homme était dopé et même sur-dopé, finalement son corps était aussi naturel que celui d’un poulet aux hormones. Et il savait fort bien que cela finirait mal, oui mais voilà, l’idée de ne plus continuer à voir ses muscles grossir le rendait malade et c’est la peur de la maladie qui l’a tué.

Et voilà le syndrome du culturisme, s’engager dans une voie, vouloir par exemple muscler un peu ses biceps, voir durcir ses cuisses, avoir des abdos, et progressivement se radicaliser, augmenter le nombre d’heure d’entrainements, commencer à se doper, à se doper encore… Comme s’il y avait un cliquet qui se mettait en place, qui l’obligeait à en faire plus, l’empêchait d’en faire moins. La radicalisation c’est cela, personne n’aurait envie de passer de rien à 10 h d’entrainement par jour et 15 ampoules de stéroïdes mais avec de l’habitude chacun peut aboutir à ce stade. Chaque être humain peut finalement chercher le plus de la même chose jusqu’au moment ou plus ça veut dire trop.

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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