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Un exemplaire de "Mein Kampf" dans la bibliothèque de l'institut d'Histoire contemporaine de Munich.

L'interview d'Hitler par Dorothy Thomson

2 min

Il y a au moins deux enseignements à tirer de ce portrait d’Hitler par Dorothy Thomson en 1932.

Un exemplaire de "Mein Kampf" dans la bibliothèque de l'institut d'Histoire contemporaine de Munich.
Un exemplaire de "Mein Kampf" dans la bibliothèque de l'institut d'Histoire contemporaine de Munich. Crédits : MATTHIAS BALK / DPA - AFP

Je veux vous parler d’Hitler, en évoquant le traitement journalistique d’Adolf Hitler. Non pas celui d'aujourd’hui, mais celui d'hier, par ses contemporains et même plus précisément par une star de la radio américaine, Dorothy Thomson, star des correspondants étrangers, qui réussit après un an d’effort à décrocher une interview d’Hitler en 1932, interview publiée dans un livre aux éditions des Équateurs. Et dans ce passionnant petit livre, j’ai noté deux choses. 

Tout d’abord, Dorothy Thomson, toute star de la radio qu’elle était, s’est entièrement plantée sur Hitler, expliquant : « lorsque je suis entrée dans la chambre d’Hitler, j’étais persuadée que j’allais rencontrer le futur dictateur d’Allemagne, en moins d’une minute je fus convaincue du contraire ». Pas de chance, ce personnage qu’elle jugea insignifiant accéda au pouvoir un an plus tard. 

Second enseignement, Hitler dit tout. En 1932, il explique très posément à une journaliste américaine ce qu’il va faire lorsqu’il sera au pouvoir, lâchant par exemple : « j’arriverai au pouvoir de manière légale, à la suite de quoi je fonderai un État autoritaire ». 

Il y a donc deux enseignements, au moins, à tirer de ce portrait d’Hitler. 

Le premier, les journalistes sont de biens mauvais prophètes, même ceux qui voudraient être des girouettes, ont du mal à sentir le sens du vent. 

Second enseignement, la réalité est bien souvent plus offerte qu’on ne le croit, inutile de chercher un complot, le sens caché, ou des interprétations capillotractées, il suffit parfois de lire ou de poser une question pour obtenir une réponse. 

Il aurait suffi que le monde lise Mein Kampf,ou découvre cette interview d’Hitler pour comprendre que le pire était certain s’il arrivait au pouvoir. Je pourrais en tirer des conclusions pour aujourd’hui mais premièrement, je suis journaliste donc mauvais prophète ; deuxièmement, je me suis promis de ne jamais franchir le point Godwin avant 9 heures. 

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