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"Le jugement dernier : l'enfer - Les âmes des damnés subissant les tortures dans les cercles de l'Enfer, le diable. Peinture de Fra Angelico 1432-1435

L'embarras du diable

1 min

La principale ruse du diable, c’est de faire croire qu’il existe.

"Le jugement dernier : l'enfer - Les âmes des damnés subissant les tortures dans les cercles de l'Enfer, le diable. Peinture de Fra Angelico 1432-1435
"Le jugement dernier : l'enfer - Les âmes des damnés subissant les tortures dans les cercles de l'Enfer, le diable. Peinture de Fra Angelico 1432-1435 Crédits : Luisa Ricciarini/Leemage - AFP

Ce matin beaucoup de diables… On a l’embarras du diable, entre deux documentaires sur Magda Goebbels, deux pas moins, un peu de Salah Abdeslam, deux trois trucs sur les médecins nazis pour se changer les idées, et les kilomètres de nécrologies consacrées à Charles Manson - au vu de l’œuvre du bonhomme on comprend qu’il ait eu droit à un traitement de faveur. 

Il y a donc des diables partout ce qui témoigne de notre « Sympathy for the devil », notre fascination pour le diable, mais accrédite probablement l’idée qu’il faut pour faire advenir l’enfer un diable de bonne taille. 

Comme si plusieurs décennies de livres d’histoire, d’expériences en psychologie sociale ou d’essai en sociologie n’avaient pas réussi à démonter cette idée simple : la principale ruse du diable, c’est de faire croire qu’il existe. 

Car ce qui pose problème, ce n’est pas l’existence du mal ou du diable, c’est la raison pour laquelle celui-ci trouve des disciples ; en somme pourquoi on rend un culte au diable. Voilà pourtant un rite dont les ressorts sont bien connus depuis 1576, date de parution du discours de la servitude volontaire, d’Etienne de la Boétie, où l’on pouvait notamment lire ceci : 

« Cinq ou six ont eu l’oreille du tyran […]. Ces cinq ont six cents qui profitent sous eux, et qui font de leurs six cents ce que les six font au tyran […] ces six cents en maintiennent sous eux six mille… ».

Ce qui est à expliquer, ce n’est pas pourquoi le mal existe mais pourquoi sous ce diable une pyramide de disciples se révèlent prêts à obéir. Et finalement notre fascination pour les diables est une manière d’oublier qu’ils ne sauraient rien faire de diabolique sans la complicité, fût-elle passive, des hommes ordinaires. Pour faire advenir l’enfer, il faut certes un diable, mais il faut surtout beaucoup de zéros derrière en guise de disciples. 

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