LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
La façade du Bataclan et la plaque commémorative en hommage aux 130 victimes du Bataclan lors des attentats du 13 novembre 2015. Photographie prise le 13 novembre 2017.

C’est une chanson poignante intitulée « Alexandre »…

1 min

Dany, comme les jeunes, voire les très jeunes enfants, s’est inventé un ami imaginaire. Sauf que son ami imaginaire à lui, est une victime du Bataclan, signe des fantasmes de l’époque.

La façade du Bataclan et la plaque commémorative en hommage aux 130 victimes du Bataclan lors des attentats du 13 novembre 2015. Photographie prise le 13 novembre 2017.
La façade du Bataclan et la plaque commémorative en hommage aux 130 victimes du Bataclan lors des attentats du 13 novembre 2015. Photographie prise le 13 novembre 2017. Crédits : Marc Piasecki/GC Images - Getty

C’est une chanson poignante intitulée « Alexandre », du nom de l’une des très jeunes victimes du Bataclan, Alexandre, 17 ans. La mémoire d’Alexandre est chantée par l’un de ses plus proches amis, il se présente comme son frère : Dany. Celui-ci a chanté son ami tombé sous les balles du Bataclan. Il a chanté sa mémoire jeudi dernier lors de l’émission de M6, « La France a un incroyable ». 

La France a un incroyable talent, c’est le cas de le dire, puisqu’Alexandre n’a jamais existé, aucune victime prénommée Alexandre n’est morte au Bataclan, et surtout, Dany ne connaissait aucune des personnes tombées lors du massacre du 13 novembre. 

Dany est lui-même très jeune, et comme les jeunes, voire les très jeunes enfants, il s’est inventé un ami imaginaire, sauf que son ami imaginaire à lui est une victime du Bataclan, signe des fantasmes de l’époque. 

Ceux qui font le reproche à Dany d’avoir inventé toute cette histoire, ceux qui ont signalé Dany auprès du CSA, ne connaissent probablement pas la longue lignée d’artistes qui ont rêvé leur existence pour nourrir leur art : depuis Malraux hallucinant ses Antimémoires, inventant fausses conversations avec Mao et vraies conversations avec des personnages imaginaires, jusqu’à Misha Defonseca qui s’était cauchemardée enfant rescapé de la Shoah, élevée par les loups. 

Alors je ne suis pas sûr que cette chanson consacrée à un pseudo Alexandre soit une très belle chanson, mais je suis sûr qu’elle récapitule notre époque, une époque tellement marquée par les attentats que les jeunes peuvent fantasmer avoir perdu lors de ces soirées tragiques leur meilleur ami, leur frère. Probablement parce que tout un chacun, nous avons perdu une part de nous-mêmes au Bataclan ou à l’école Ozar Hatorah, alors même que nous n’y connaissions personne.  

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......