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Robert Bourgi, le 12 septembre 2011, à Paris.

La politique "bourgienne"

2 min

Les Français sont heureux d’apprendre que l’élection présidentielle a été en partie influencée parce que François Fillon a été méchant avec Robert Bourgi

Robert Bourgi, le 12 septembre 2011, à Paris.
Robert Bourgi, le 12 septembre 2011, à Paris. Crédits : JOHANNA LEGUERRE - AFP

Hier a été officiellement révélé un complot… Oui, et dans l’indifférence de la plupart des commentateurs. Un complot fomenté contre François Fillon par Robert Bourgi, avocat et homme d’affaire, personnage clé de la Françafrique. Hier, Robert Bourgi a tranquillement expliqué qu’il avait, je le cite, « niqué » François Fillon, en montant un piège à base de costumes sur mesure, connaissant, explique-t-il, le goût de François Fillon pour l’argent. 

Et voilà donc notre Robert Bourgi déroulant du câble comme on dit dans le métier, expliquant pas peu fier comment il a « niqué », pour reprendre son terme, la présidentielle. Alors bon, bien sûr, Robert Bourgi n’est pas très précis, il ne sait plus très bien si c’est deux ou trois costumes, si l’appât sous forme de costard est disposé depuis longtemps ou bien placé en dernière minute mais enfin, le but est clair, torpiller la candidature de François Fillon. Et Bourgi d’expliquer que François Fillon l’a humilié, qu’il l’a traité de vieux, pire encore, qu’une fois, il n’a pas répondu à l’un de ses appels téléphoniques. 

Les Français sont donc heureux d’apprendre que l’élection présidentielle a été en partie influencée parce que François Fillon a été méchant avec Robert Bourgi. On a disserté sur les capacités des uns à baisser le chômage, améliorer le système éducatif, et, mea culpa Robert, pas assez parlé de la politique bourgienne des uns et des autres, autrement dit, comment les candidats à la présidentielle envisagent de traiter Robert Bourgi. 

Alors bien entendu, il est impossible de savoir ce que cache cet étrange aveu : qui a décidé d’offrir des costumes, s’agissait-il d’un piège, d’une excuse a posteriori, mais enfin, nous journalistes apparaissons comme les idiots utiles de Robert Bourgi et de ses éventuels commanditaires. L’occasion aussi de se rappeler que le pire des complots consiste parfois à faire croire qu’il n’en existe pas.

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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